‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 42 sur 209 · DE LA PRÉSURE · texte numérisé non relu

DE LA PRÉSURE

Provenance

Nature de la dilution

Unités

Provenance

Nature de la dilution

Unités

Présure sèche de caillettes de veau

Suc gastrique neutralisé par bicarbonate ....

Présure liquide du commerce . . .

Suc gastrique non neutralisé . . .

Méthode de Morgenroth. — La méthode dite de l’unité fournit bien les valeurs comparatives des différentes présures,

PRÉSURE

mais elle ne peut pas servir quand il s’agit d’apprécier des doses très faibles de substance active. Dans ce cas, même en opérant sur des volumes de lait très réduits, la durée de la coagulation peut se prolonger pendant des journées entières, et un résultat positif peut être attribué alors à une infection, comme un résultat négatif peut être imputé à la destruction de l’enzyme à la température de 38-40°.

Morgsnroth, en vue d’éviter ces difficultés, procède de la façon suivante : il agite énergiquement le lait avec 1 °/0 de chloroforme, puis il refroidit à une température voisine de 0° G. Il ajoute ensuite pour 10 centimètres cubes de lait de 0,1 à l centimètre cube de liquide à analyser et abandonne le tout pendant 12 heures à 0° environ. Il porte alors les échantillons dans un bain-marie à 38°. L’action de la présure à froid diminue considérablement le temps de l’action à 38°. On évite ainsi l’influence funeste de la température optima prolongée. Même en présence de traces de présure, la coagulation se produit dans les 3 premières heures. La vérification de la méthode Morgenroth a démontré que pour le dosage de très faibles quantités de présure, elle est quatre fois plus sensible que les méthodes ordinaires.

W. Sawlajow préconise pour l’analyse de la présure un appareil spécial qui permet de constater avec précision le moment de la coagulation du lait. Le lait emprésuré s’écoule à température constante par des tubes capillaires. Au moment de la coagulation, l’écoulement des gouttelettes est arrêté.

Méthode de Blum et Fuld. — La détermination exacte du pouvoir présurant présente souvent de réelles difficultés, car la provenance du lait joue dans ces analyses une importance très grande. On a vu entre autres que le lait cuit se laisse coaguler plus difficilement par la présure ordinaire que le lait frais. Le degré de coagulabilité dépend non seulement de la fraîcheur du lait, mais aussi de sa composition. C’est ainsi qu’avec deux échantillons de lait normaux, non falsifiés, mais de provenance distincte, on peut avoir des résultats tout différents.

ANALYSE

Blum et Fuld, pour éviter ces causes d’erreur et afin de pouvoir établir un étalon pour la mesure, emploient comme matière première de la poudre de lait d’EKENBERGER. On pèse une quantité déterminée de cette poudre, on la délaye dans 9 fois son poids d’eau distillée et, tout en agitant, on porte le mélange une minute à 80°. On refroidit alors le liquide à 15° et on laisse déposer. La solution décantée peut être conservée dans la glace pendant 1 ou 2 jours, mais il est préférable de l’employer tout de suite pour l’analyse. Au moment de s’en servir, on ajoute à ce lait artificiel 4 °/00 de Cad2 : à cet effet, on prend 98 cc. de la solution et on l’additionne de 2 cc. d’une solution de CaCl2 à 20 °/0. Gela fait, il est bon de laisser encore déposer le liquide 1 à 2 heures à 15° et de décanter ensuite. Le produit ainsi préparé se comporte vis-à-vis de la présure comme du lait frais. Pour l’analyse, on verse, dans une série de tubes à réaction, 4,5 cc. de lait artificiel et l’on ajoute 0,5 cc. du liquide diastasique à analyser, qu’on a préalablement dilué à différents degrés. On abandonne le tout

2 h. à 15° et ensuite 5 minutes à 37°, puis on observe les tubes : la richesse du suc en présure est évaluée d’après la dilution extrême, qui est encore capable de produire la coagulation dans les conditions indiquées.

Avant d’effectuer la détermination définitive, il est bon de faire un essai préliminaire de la façon suivante : on verse dans

3 tubes 4,5 cc. de lait artificiel et dans chacun 0,5 cc. de la présure à analyser, diluée au préalable de 1 à 10, de 1 à 100 et de 1 à 1000. On fait l’essai sans abandonner avant les tubes à 15°, mais en les maintenant directement 5 minutes à 37° ; le résultat de la coagulation donne une première idée sur la force de la présure examinée. Dans l’essai définitif, qui comporte une action préliminaire de 2 h. à 15°, on adopte une dilution

4 fois plus grande que pour cette première détermination. Si, par exemple, la coagulation, lors de l’essai rapide, s’est produite même dans le tube correspondant à une dilution de 1 à 1000, on prendra pour liquides coagulants, dans l’essai final, des solutions étendues comprises entre 1/1000 et 1/4000.

PRÉSURE

Si l’on trouve que la dilution extrême capable d’amener la prise en masse du lait est de 1/3000, on dira que la force en présure du suc examiné est de 3000 unités. En effet, convenant que l’unité de présure est la dose qui coagule 4,5 cc. de lait artificiel employé dans les conditions précédentes, on en déduit que 1/3000 de la présure considérée contient précisément 1 unité de présure, et que par conséquent 1 de la présure à analyser équivaut à 3000 unités.

La méthode de Blum et Fuld est surtout recommandée pour la détermination du pouvoir coagulant du suc gastrique. Un suc gastrique normal demande, pour ces analyses, une dilution comprise entre 3000 et 7000. Il y a des sucs très riches qui exigent des dilutions supérieures à 7000, mais on rencontre aussi des sucs très pauvres en présure dont la teneur est inférieure à 100.

Page 1