‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 45 sur 209 · COMPOSITION CHIMIQUE · texte numérisé non relu

COMPOSITION CHIMIQUE

duellement les substances étrangères sans altérer le corps actif. Le produit final qui sous le poids minimum produirait l’effet maximum pourrait être considéré comme la vraie pepsine. Celle-ci soumise à l’analyse fournirait les données définitives à la constitution de cette substance.

Malheureusement, cette méthode, qui rappelle celle suivie par les savants qui ont isolé le radium, ne peut être ici rigoureusement appliquée. Les précipitations qu’on réalise au moyen des sels ou de l’alcool débarrassent bien la diastase d’une partie des substances inertes, mais en même temps elles affaiblissent considérablement la substance active. Dans le produit final on ne retrouve pas une activité beaucoup plus grande, correspondant à la quantité d’impuretés enlevées. Autrement dit, les pepsines les plus pures ne sont pas toujours celles qui sont les plus actives. C’est ainsi qu’une pepsine brute, obtenue par la méthode de Petit, peut dissoudre pour 1 de diastase 100.000 de fibrine. En purifiant ce produit par les meilleures méthodes existantes, on enlève jusqu’à 80 °/0 de substance et le produit qu’on obtient ne possède qu’une activité de 10 à 20 °/0 seulement plus grande que celle du produit initial. Tandis que cette pepsine purifiée aurait dû dissoudre 500.000, elle dissout à peine 110.000 à 120.000 de fibrine.

Si l’on compare les compositions centésimales d’une pepsine avant et après purification, on ne constate point de différences sensibles, exception faite pour les sels, évidemment. Ce résultat peut être interprété de deux façons. Ou bien les impuretés et la substance active ont des compositions analogues, et alors la diastase appartient au groupe des matières albuminoïdes, ou bien la quantité réelle de substance active est tellement petite qu’elle n’influe pas sur la composition de la matière inerte. Cette dernière hypothèse n'est nullement invraisemblable. On sait que les diastases ont le pouvoir d’adhérer à une foule de substances. Dans les muqueuses et dans le suc gastrique il se trouve des albuminoïdes sur lesquels la pepsine serait fixée, et toutes les séparations qu’on effectuerait n’aboutiraient pas à les désunir. Les sels les

PEPSINE

précipiteraient en différentes proportions, mais toujours ensemble.

On doit à Nencki et Siber, à Samanoski et à Pekelharing, toute une série d’analyses de pepsine. Celles-ci ont toujours été faites sur des produits purifiés possédant un assez fort pouvoir diastasique. Les méthodes de purification employées furent très différentes et les pepsines obtenues se distinguaient au point de vue de leur activité. Néanmoins, il est très curieux de constater que les résultats donnés par ces auteurs sont très voisins et tout à fait comparables à ceux fournis par l’analyse du blanc d’œuf :

Pekelharing

Nencki et Siber

Samanoski

Blanc d’œuf

Cendres. .

Pekelharing considère sa pepsine comme un enzyme pur dépourvu de substance inerte. Il prétend que cette diastase est une matière albuminoïde, ou mieux qu’elle se trouve intimement fixée sur la matière albuminoïde ; il justifie sa manière de voir par les considérations suivantes :

1) La pepsine devient inactive si on la chauffe à 100° ; or, en même temps la substance albuminoïde se coagule, et cette transformation entraîne la destruction de la diastase.

2) Quand on sature à moitié une solution de pepsine avec du sulfate d’ammoniaque, la matière albuminoïde se trouve précipitée en même temps que la substance active qui lui est adhérente.

3) Les solutions de pepsine acidifiées se coagulent par la chaleur, et la quantité de coagulum qu’on obtient est proportionnelle à l’activité du liquide; plus la solution est active, plus le coagulum est grand.

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