‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 46 sur 209 · COMPOSITION CHIMIQUE · texte numérisé non relu

COMPOSITION CHIMIQUE

La démonstration de Pekelharing ne résoud pas complètement le problème : il est en effet difficile d’admettre, pour les raisons données plus haut, que sa pepsine purifiée est une substance pure.

Ce qu’il faut cependant retenir, c’est que le phosphore n’entre pas dans la composition de la pepsine; qu’au contraire, tous les échantillons examinés contiennent du chlore; qu’enfin, les cendres peuvent être réduites à 0,1 %, et que toujours dans ces cendres on constate la présence du fer. Jusqu’ici on n’a pas pu obtenir la pepsine exempte de matières minérales. Il est vrai que la présence de 0,1 % de cendres représente une teneur très faible ; mais si l’on prend en considération ce fait que la préparation analysée par Pekelharing était loin d’être une pepsine pure, on est conduit à admettre pour la diastase véritable, exempte de matières étrangères, une proportion de cendres beaucoup plus grande.

Au reste, il n’est nullement démontré qu’on doive considérer ces substances minérales comme une impureté., Les données fournies par Bertrand et Lisbonne justifient l’hypothèse qui envisage la matière minérale comme une partie essentielle de la substance active. Bertrand a démontré la présence constante de manganèse dans la laccase. Cet élément est pour cette diastase un principe constituant ; en tout cas, il fonctionne comme activant et comme convoyeur d’oxygène. D’après ce savant, on doit envisager les oxydases comme de véritables combinaisons de manganèse avec des substances à fonction acide, de nature protéique. L’étude de l’amylase conduit à des résultats analogues. Lisbonne a constaté que les amylases salivaire, pancréatique et végétale, débarrassées complètement de substances minérales, n’agissent pas sur l’amidon exempt de sels. La diastase déminéralisée peut être rendue à nouveau active, si on l’additionne de chlorure de sodium ou de chlorure de calcium. Ces expériences, qui se rapportent à deux classes différentes de diastases, nous montrent que la substance minérale doit être envisagée comme co-ferment. Il est très probable que lorsqu’on étudiera de plus

PEPSINE

près la constitution de la pepsine, on y décéléra l’importance des substances minérales, et notamment du fer, dont on remarque toujours la présence dans cette diastase.

Pouvoirs dissolvant et peptonisant de la pepsine.

Démonstration du pouvoir dissolvant : Méthode Effront. — Pour mettre en évidence le pouvoir dissolvant de la pepsine, on peut se servir d’un lait d’albumine coagulée contenant 4 % d’albumine (1). On verse dans une série de 6 fioles 20 cc. de ce liquide, qui a été préalablement passé au tamis très fin, et l’on ajoute dans chacune 1,5 cc. de HCl (N). Dans les 5 premières fioles on verse de 5 à 1 cc. d’une solution de pepsine à 1 °/O0 ; la sixième ne reçoit rien et servira de témoin. Puis on amène tous les liquides au volume de 40 cc., en complétant avec de l’eau distillée, et on place le tout dans un bain-marie à 50°. Le vase témoin restera blanc pendant toute la durée de l’expérience. Le vase, qui a reçu 5 cc. de solution de pepsine, deviendra très rapidement limpide par suite de la dissolution de l’albumine. Quant aux autres liquides, ils s’éclairciront progressivement, la dissolution complète de l’albumine dans les 5 premiers vases se faisant dans l’espace de 20 à 30 minutes.

Méthode de Grützner. — Cette méthode est basée sur la propriété que possède la fibrine d’absorber la matière colorante : la fibrine colorée en se dissolvant colore le liquide, et d’après l’intensité de sa coloration on juge de la marche de la dissolution de la fibrine. Pour réaliser cette expérience, on fait gonfler la fibrine dans une solution ammoniacale de carmin ; on lave ensuite à l’eau et l’on met à macérer le

(1) Pour le mode de préparation de ce lait, voir le chapitre relatif & l’analyse de la pepsine (méthode Effront).

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