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ACTION DE L’AGITATION

Action de l’agitation. — Les enzymes protéolytiques subissent d’importantes modifications sous l’influence de l’agitation. Ce phénomène a été observé par Abderhalden et Guggenheim sur la trypsine, le suc pancréatique et l’extrait de levure, par Schmidt-Nielsen sur la présure, par Horlow sur la ptyaline, par Shaklle et Meltzer sur la pepsine. Les résultats dépendent d’ailleurs des conditions expérimentales dans lesquelles s’effectue cette agitation : sa durée et sa vitesse, la teneur du liquide en enzyme, la température, etc., jouent un rôle important dans ce phénomène. Une solution active, introduite dans un tube à réactif et agitée pendant 2 minutes, peut perdre jusqu’à 75 % de son activité. Après 5 minutes, la disparition est presque totale : il reste seulement 3 à 4 % de substance active. L’action de la vitesse du mouvement est manifeste : un liquide agité à raison de 300 chocs à la minute devient inactif quatre fois plus vite que si l’agitation ne se fait qu’à raison de 100 chocs. Voici l’influence de la température : l’inactivation par agitation se produit déjà d’une façon sensible à 0°; elle croît avec la température et à 30°, elle est quatre fois plus forte qu’à 0°.

L’inactivation par agitation est surtout rapide dans un milieu neutre ou alcalin. L’addition de 0.5 cc. % HCl N/10 ralentit immédiatement le phénomène. D’ailleurs, les acides ne se comportent pas tous de la même manière. Le maximum d’effet est obtenu avec HCl. Les acides lactique, oxalique, tartrique, aux mêmes doses, agissent beaucoup moins activement. L'acide acétique est sans action; les acides phosphorique et citrique produisent un effet moindre que l’acide lactique. Enfin les solutions fortement diluées des enzymes se détruisent plus rapidement que les solutions plus riches.

On a cherché à expliquer cette disparition de l’activité des ferments par l’agitation par des changements provoqués sous l’action mécanique dans leur structure moléculaire. On voyait dans ces faits une analogie avec ceux observés déjà chez des cellules vivantes. En réalité, ce phénomène est dû à la tension superficielle. Sous l’influence de l’agitation, la substance en

PEPSINE

solution se répartit différemment dans le liquide, et, de plus, elle adhère aux parois du vase. Quand on prélève un échantillon d’une solution de pepsine soumise à l’agitation, on constate qu’à un moment donné le liquide est dépourvu d’activité. Cependant cette disparition n’est pas définitive : abandonné au repos, le liquide redevient peu à peu actif, et au bout d’une heure il possède à nouveau un pouvoir digestif très fort, quoique inférieur à celui du début.

La reprise de l’activité correspond à la disparition complète de la mousse : à partir de ce moment, le liquide ne s’active plus par le repos. C’est donc dans la mousse que la pepsine se trouve concentrée : si l’on recueille cette partie du liquide et qu’on l’abandonne quelque temps jusqu’à ce qu’elle se soit résolue en eau, on trouve dans le liquide formé une teneur en substance active bien supérieure à celle du liquide d’où elle provient. La régénération de la substance active, par suite de la disparition de la mousse, ne correspond seulement qu’à 50 ou 70 °/0 de la quantité d’enzyme initiale. Une part assez considérable ne se régénère donc point. Une certaine quantité se retrouve, il est vrai, sous forme de précipité, formé par l’agitation au sein même du liquide; mais elle ne constitue jamais la totalité du déficit. D’ailleurs, la plupart des solutions d’enzymes restent complètement transparentes, malgré l’agitation.

Il est possible de démontrer qu’une partie de la substance active devient adhérente aux parois du vase. Un tube contenant une solution de pepsine, dont on a déterminé le pouvoir digestif, est agité jusqu’à disparition de toute activité diastasique. On jette alors le liquide, on lave le tube à différentes reprises avec de l’eau, puis on le remplit une dernière fois avec de l’eau distillée, qu’on analyse de temps en temps. L’échantillon prélevé dans le premier quart d’heure ne contient pas d’enzyme. Mais après 2 ou 3 heures, on retrouve dans le liquide une quantité d'enzyme allant jusqu’à 20 0/o'[do la totalité de la substance active qui se trouvait d’abord dans, le tube.

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