‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 58 sur 209 · milligr · texte numérisé non relu

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On voit que l’optimum de l’action digestive s’obtient quand la dose d’acide dépasse la capacité de saturation : soit 20 cc.

INFLUENCE DES CONDITIONS CHIMIQUES

au lieu de 13. Mais la peptonisation est déjà très prononcée pour des quantités inférieures à la neutralisation. La marche de la peptonisation en présence des petites quantités d’acide ressort encore plus clairement des chiffres suivants :

Digestion d’albumine

EN PRÉSENCE DE QUANTITÉS DIFFÉRENTES D’HCl.

Capacité de neutralisation : 10 cc. = 14 cc. N/10.

Solution

d’albumine

Pepsine

HOl

N/ 10 HCl

HOl total

Volume

Albumine

digérée

9 cc.

50 cc.

18 millig.

On voit que l’action de l’acide s’exerce en rapport de l’albumine présente et que la dilution ne joue point de rôle important. Il est aussi à remarquer que dans un milieu pauvre en acide, on n’accélère pas notablement la réaction en augmentant la proportion de pepsine. Les résultats de Schütz nous expliquent aussi pourquoi la dose optima d’acide varie avec les différents albuminoïdes : c’est parce que la capacité de saturation n’est pas la même pour tous ces corps.

Ils nous font enfin comprendre ce fait que le maximum d’activité coïncide avec une quantité d’acide dépassant la neutralisation. En effet, la pepsine agit exclusivement sur une combinaison chlorhydrique ; il faut donc qu’un liquide à peptoniser reçoive une quantité d’acide supérieure à la dose de saturation, l’excès étant destiné à empêcher les produits, qui se forment au cours de la digestion, corps de nature basique, de décomposer la combinaison de l’albuminoïde avec l’acide chlorhydrique. L’acide libre jouerait ainsi un rôle protecteur sans intervenir directement dans le mécanisme de la digestion.

PEPSINE

La formation, au cours de la peptonisation, de produits basiques est précisément la cause qui ralentit la marche de la transformation. Le milieu, qui avait au début une petite quantité d’acide suffisante pour sa marche normale, la perd progressivement; et, d’un autre côté, on ne peut pas commencer la digestion avec une quantité exagérée d’acide, car la pepsine ne pourrait travailler dans ces conditions. En se basant sur ces observations, on a proposé avec raison de conduire la peptonisation d’une façon telle que l’acide soit ajouté progressivement au cours de la transformation. Ce mode de faire est surtout rationnel pour les digestions profondes et de longue durée.

Action des sels, des antiseptiques, des alcaloïdes et d’autres substances organiques. — Dans l’action des sels minéraux sur la peptonisation, il faut envisager différents facteurs. Certains sels précipitent l’albumine à des doses massives; mais avant même que la dose employée soit suffisante pour déterminer une précipitation, ceux-ci exercent déjà une action sur l’albuminoïde en modifiant sa sensibilité vis-à-vis de l’enzyme protéolytique. L’influence des sels sur la digestion s’exerce dans ce cas par voie indirecte. Ce n’est pas la pepsine qui a été ralentie, mais bien la substance protéique qui est devenue moins attaquable. C’est ainsi qu’en présence de certaines quantités de NaCl, la pepsine digère difficilement l’albumine. Mais une solution de pepsine additionnée de sel marin se montre très active après la dialyse.

Les sels minéraux peuvent aussi exercer une action directe sur la pepsine, soit en changeant la réaction de milieu, soit en déplaçant l’acide chlorhydrique, soit en modifiant la substance active. On possède un assez grand nombre de documents sur l’action des sels minéraux. Mais ces données sont loin d’être complètes et le mécanisme de l'action n’est éclairci que dans très peu de cas. A. Petit est l’un des premiers qui ait étudié cette question. Dans ses essais, il emploie de la fibrine en présence de 3 %0 HCl, et une quantité de pepsine très supérieure à ce qu’il aurait suffi pour dissoudre la fibrine employée. L’action des différents sels

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sur une telle digestion pepsique est rapportée dans le tableau suivant :

Action des sels sur le pouvoir digestif de la pepsine.

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