VI : Non précipitables par l’acide phosphotungstique
redescend, pour prendre à la fin une valeur de 31.02 %. Si l’on examine maintenant les quatre premières colonnes relatives aux albumoses, on voit que leur disparition se fait d’une façon toute différente. Tandis que l’albumose primaire diminue à peu près régulièrement, les deutéro-albumoses présentent dans leur chute un ou deux maximums ; de plus, les fractions I et II disparaissent assez rapidement et d’une façon totale ; au contraire, la fraction III résiste davantage, quoique finissant par être totalement transformée. Quant à la fraction IV, elle persiste encore, après 30 jours, pour une quantité représentée par 5.89 % d’N. La teneur du liquide en ces 4 albumoses est également, dès le début, très variable : I et III apparaissent en très grandes quantités, après quelques heures de digestion,
PEPSINE
tandis que II, et surtout IV, ne se forment que bien plus tard, sans d’ailleurs atteindre jamais de très fortes proportions.
Essayons maintenant de nous rendre compte de la marche de l’hydrolyse. Aussitôt l’action commencée, apparaissent surtout des albumoses primaires (I), des deutéroalbumoses B (III) et des corps peu définis (VI) non précipitables par l’acide phosphotungstique. Puis ces deux sortes d’albumoses (I) et (III) sont attaquées avec formation de deutéroalbumoses A et C, (II) et (IV), de composés (VI) et d’un peu de peptones (V). Cette dégradation progressive des albumoses explique les maxima observés avec (II), (III) et (IV), et aussi celui, très élevé, de (VI). Après 24 heures environ, en même temps que les albumoses continuent à être attaqués, la fraction (VI) subit, à son tour la transformation. Tout en s’hydrolysant, elle passe de la forme non précipitable à la forme précipitable par l’acide phosphotungstique. Il faut qu’il en soit ainsi, puisque, durant l’espace de temps écoulé entre 22 heures et 30 jours, la peptone
(V) a augmenté (en azote) de 5.12 à 63.09, soit de 58.97 unités, tandis que l’albumose total n’a baissé que de 44.37 — 5.89 =38.48. Le complément provient de la digestion de la fraction
(VI) , qui a précisément perdu 50.51—31.02=19.49 unités. On se trouve ainsi devant un fait très intéressant : c’est l’apparition immédiate, puis le passage, dans le groupe des peptones, au cours de l’hydrolyse, d'une fraction non précipitable par les sels ni par l’acide phosphotungstique, et ne fournissant pas la réaction du biuret, fraction qu’on aurait pu considérer comme une forme très dégradée et qui n’est en réalité qu’un complexe, d’ailleurs inconnu, de poids moléculaire encore très élevé : ce point méritait d’être signalé.
En résumé, les produits finaux de la digestion pepsique sont donc constitués par des deutéroalbumoses C, des produits non précipitables par l’acide phosphotungstique et des peptones. Les différents résultats que nous venons d’exposer se rapportent à la séroalbumine. Zunz a constaté que l’ovalbumine, la caséine ou la globuline, traitées d’une façon analogue, se comportent de même. Toutefois la marche de la digestion