‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 67 sur 209 · DANS LA DIGESTION PEPSIQUE · texte numérisé non relu

DANS LA DIGESTION PEPSIQUE

Nature j Durée

de la matière | de la digestion albuminoïde | pepsique

Azote ammon.

et

azote formol

N. amm.

N. amm.

obtenu par hydrolyse compl. avec HOl

^ „ ( 30 jours

Ovalbumine . 1

Edestine . . <

Gliadine. . . <

Gélatine. . . \

Peptone Witte j

Ainsi, la gliadine fournit, par hydrolyse complète avec HCl, 24.8 d’azote ammoniacal pour 100 d’azote total. Sous l’action de la pepsine, on en obtient 20.9, autrement dit, plus de 80 0/„ de l’azote se trouvent déjà libéré par l’enzyme. Dans le cas de l’albumine d’œuf, on en détache environ 56 %.

En résumé, si l’on prend en considération les divers résultats obtenus par l’emploi des sels précipitants, S04(NH4)2 ou S04Zn, de l’acide phosphotungstique, et par l’ébullition avec MgO, on voit que la protéolyse pepsique se résume en la formation de 4 groupements albuminoïdiques simplifiés, les albumoses, ainsi que dans l’apparition de deux autres séries de

ANTIPEPSINE.

corps, les uns encore très complexes, qui ne sont pas précipitables par l’acide phosphotungstique et les autres, les peptones, qui correspondent au stade le plus avancé, et qui précipitent par ce dernier réactif. Au fur et à mesure que le travail chimique se poursuit, les albumoses, sauf une variété plus résistante, le deutéroalbumose C, s’éliminent et les peptones s’accroissent en conséquence. A cette dégradation progressive correspond une augmentation de l’azote amidé.

Antipepsine.

Quand on ajoute à une solution de pepsine du sérum sanguin de cheval ou de chien, on constate une diminution dans l’activité du ferment, diminution qui se trouve en relation directe avec la quantité de sérum ajouté. Le mécanisme de cette action, signalée pour la première fois par Schnappauf en 1888, a longtemps échappé à l’analyse exacte. Si l’on attribua ce ralentissement à un antiferment, ce fut surtout en se basant sur l’action analogue exercée par le sérum sur la trypsine, circonstances dans lesquelles la nature d’un antiferment avait pu être constatée avec certitude.

Pour appuyer l’idée de l’existence d’une antipepsine, on citait d’ailleurs le fait que le pouvoir antipepsique du sérum d’un animal augmente considérablement par l’injection à celui-ci d’une certaine quantité de pepsine. Le produit élaboré dans ces conditions par l’organisme est une antipepsine, et l’on admettait que celle-ci existe déjà, quoique dans une proportion beaucoup moindre, dans le sérum de l’animal normal. Cette observation tendait donc à montrer que la substance antagoniste de la pepsine est un produit réactionnel, de défense vitale ; les expériences plus récentes de Cantacuzène semblent justifier définitivement cette manière de voir. Cet auteur aurait, en effet, constaté que le sérum d’un lapin qui a reçu par voie intra-veineuse de la pepsine, contient des anticorps spécifiques

PEPSINE

capables de fixer le complément, preuve que l’antipepsine est bien le résultat d’une sorte d’immunisation. Nous dirons dans un chapitre ultérieur en quoi consiste le phénomène de déviation du complément. Mentionnons seulement ici les données de l’expérience : on emploie comme antigène : pepsine à 2 % ; anticorps : le sérum du lapin préparé; complément : sérum neuf de chèvre; système hémolytique : globules de chien et sérum de chèvre hémolytique pour le chien.

Pour examiner le pouvoir antipepsique du sérum normal de chien, E. Zunz emploie la méthode suivante : il verse dans un tube à réactif 2 cc. d’une solution de pepsine de Grubler à 0.1 gr. °/0, acidifiée à 0.3 gr. °/0 HCl; il ajoute 0.5 cc. solution à 0.8 °/„ NaCl et 0.5 cc. de sérum. Après mélange, on introduit des tubes de Mett, contenant du sérum sanguin de cheval ou du blanc d’œuf coagulés, et on mesure les longueurs d’albumine digérées après 24 heures de séjour à l’étuve à 38°.

Présence d’antipepsine dans le sérum de chien.

Longueurs d’albumine digérées en mm.

Sérum. Blanc d’œuf.

2 cc. solution

chlorhydropepsique-)-l cc. NaCI 20 8

— +0.5 cc. NaCl-f 0.5 sérum à jeun 11.5 6

— » » » » » chauffé 16 7

— » » » » repas 3 h. 9.5 5.5

— » » » » » chauffé 15 7

— » » » » repas 5 h. 10 5.5

L’effet du sérum est manifeste, mais toujours l’action est très lente et très faible. C’est ainsi qu’il faut pour 1 gr. de pepsine Grubler 250 cc. de sérum, et encore, avec cette dose considérable de sérum, on ne ramène le pouvoir dissolvant du liquide vis-à-vis du blanc d’œuf que de 8 à 5.5. Dans le tableau précédent on trouve, en outre, des données sur la variation du pouvoir antipepsique du sérum de chien, suivant que l’animal

ANTIPEPSINE.

était à jeun ou avait ingéré de la viande crue de cheval. On y voit enfin l’action de la température sur le sérum, la rubrique « chauffé » signifiant que le sérum, avant d’être ajouté à la pepsine, avait été maintenu de 1/2 à 1 heure à 60-65°; à cette température, on affaiblit l’antipepsine, mais on ne produit pas une coagulation notable des matières albuminoïdes du sérum. On constate ainsi que le sérum chauffé agit moins bien que le sérum naturel. Mais, ici encore, nous trouvons que l’action est loin d’être très nette, et les données se prêtent d’autant moins à la conclusion, que par l’addition à une solution de pepsine, dans les conditions de l’expérience, de 0.5 cc. d’une solution d’albumine d’œuf ou d’albumine de sang, au lieu de sérum, on constate des phénomènes tout à fait du même ordre qu’avec le sérum. La digestion des tubes de Mett se trouve défavorablement influencée, et cette action ralentissante diminue quand on porte au préalable la solution d’albumine à 60-65° pendant une demi-heure. Ce résultat est à rapprocher de celui signalé plus haut (page 113), et dû à Gerber, relatif à l'action antiprésurante de divers albuminoïdes naturels. D’autre part, quand nous étudierons la papaïne, nous verrons que l’albumine, suivant qu’elle est à l’état frais ou coagulée, est attaquée avec une facilité très différente par cet enzyme, l’albumine naturelle exerçant sur la papaïne une action nettement inhibitrice qui ne cesse qu'après un chauffage suffisant. Tous ces faits découlent vraisemblablement d’une même cause, et ils nous font pressentir la raison pour laquelle les matières protéiques vivantes offrent vis-à-vis des diastases une résistance que ne possèdent plus les substances mortes, et surtout celles qui ont été détruites par une chauffe déterminée.

V. Oguro, pour doser l’antipepsine du sérum de cheval, de lapin ou d’homme, emploie une autre méthode : il se base sur les données fournies par Jacoby et Morgenroth. Au lieu de mélanger le sérum directement avec la pepsine dans un milieu acide en présence de fibrine, il laisse agir le mélange de sérum et de pepsine pendant une demi-heure, à la température de 37°, sans addition d’acide. Il se forme une sorte de combi-

PEPSINE

naison comme celles qui prennent naissance entre les toxines et leurs antitoxines. 0.4 cc. d’une solution de pepsine Grubler à 0.1 gr. % sont ajoutés à une quantité de sérum allant de O.i à 1 cc. Le sérum avait été préalablement dilué de 1 à 10 avec de l’eau physiologique. On amène le tout au volume de 2.4 cc. par addition d’une solution de NaCl à 8.5 %<, et on laisse les tubes une demi-heure à l’étuve à 37°. On introduit alors dans chacun d’eux quelques fragments de fibrine colorée par du carmin, on ajoute 0.5 cc. HCl N/10 et l’on remet à l’étuve.

Pouvoir antipepsique du sérum de cheval.

Sérum de cheval au 1/10

Solution

physiologique

HOl

Après 30 min.

Après 1 heure

Après 2 heures

Après 4 heures

0 cc.

2 cc.

nettement

rouge

fibrine

complètement

digérée

fibrine

digérée

fibrine

digérée

aucune

coloration

légèrement

rouge

rouge plus foncé

nettement

rouge

aucune

coloration

aucune

coloration

un peu rouge

aucune

coloration

D’après ces données, le sérum de cheval possède un pouvoir antipepsique beaucoup plus considérable que celui trouvé par Zunz pour le sérum de chien.

Oguro a expérimenté de la même façon sur les sérums de lapin et d’homme, et il a trouvé que pour affaiblir ou arrêter l’action de 1 g r. de pepsine Grübler, il faut les quantités de sérum suivantes :

ANTIPEPSINE.

Doses affaiblissantes Doses qui arrêtent

Sérum de cheval .

» lapin .

» homme

25 cc. 125 cc.

Au lieu de fibrine, dans la méthode d’OGURO, on peut également employer, comme matière à digérer, la ricine, qui donne même des résultats plus exacts. On se sert alors, dans les différents essais comparatifs, de 0.4 cc. de pepsine à 0.1 de 0 à 1 cc. de sérum au 1/10, de 1.0 à 0 cc. de solution physiologique, de 0.5 cc. HCl N/10 et de 2 cc. de solution de ricine à 1/500. Voici les résultats trouvés avec le sérum de cheval :

Sérum

Après 80 minutes

Après 1 heure

Après 2 heures

Après 4 heures

clair

clair

clair

clair

presque clair

trace de trouble

presque clair

trouble prononcé

trouble

léger trouble

trouble

un peu trouble

trouble

La méthode employée par Oguro est très expéditive et serait de nature, le cas échéant, à rendre des services dans la diagnose de certaines maladies ; cependant il semble que dans beaucoup de cas pathologiques, les quantités d’antipepsine trouvées dans le sérum soient à peu près les mêmes que normalement. C’est du moins ce qui ressort des recherches de Rubinstein. L’auteur a déterminé le pouvoir antipepsique de l’homme sain et trouve des chiffres compris entre 6 et 7, c’està-dire que 0.6 à 0.7 cc. de sérum sain dilué au 1/10 neutralise l’action de 0.4 cc de pepsine de Grübler au 1/1000, agissant à 37° sur de la carmin-fibrine additionnée d’un peu d’HCl à N/10.

PEPSINE

Or, cet indice antipepsique, chez un grand nombre de malades, de genre très différent, varie très peu, beaucoup moins, comme nous le verrons plus tard, que le pouvoir antitrypsique.

Dosage de la pepsine.

D’une façon générale, on mesure l’activité d’une diastase par la quantité de substance qu’elle est capable de transformer en un temps donné. Cette détermination est particulièrement simple lorsque la matière sur laquelle porte l’action est unique et que les produits formés sont bien caractérisés et facilement dosables, comme c’est le cas pour la sucrase, par exemple, ou encore lorsque la transformation s’observe par un changement extérieur, ainsi que cela se produit avec la présure agissant sur le lait dans les conditions habituelles.

Mais ici le problème est infiniment plus complexe. Tout d’abord, la pepsine est capable de transformer non pas une ou deux, mais un grand nombre de substances dont les propriétés sont loin d’être identiques : les unes sont solubles, les autres insolubles dans l’eau ; certaines peuvent être employées, soit à l’état naturel, soit après coagulation, etc. De plus, l’action chimique de la pepsine est beaucoup moins nette que celle des autres diastases. Les produits qui prennent naissance sont nombreux et mal connus dans le détail. Si la substance employée pour la détermination est insoluble dans l’eau, la pepsine la solubilisera d’abord, puis la digérera. Mais ces deux sortes de phénomènes ne sont pas commodes à apprécier d'une façon précise. La digestion représente le passage par toute une série de termes plus ou moins bien définis : à quel moment est-on arrivé au stade extrême, et comment, sinon arbitrairement, pourra-t-on considérer la digestion comme terminée? La dissolution est sans doute susceptible d’être mieux appréciée; encore n’est-ce pas toujours très aisé et se trouve-t-on quelquefois assez embarrassé pour dire si réellement la fin de la solubilisation est atteinte ou bien ne se trouve pas dépassée.

DOSAGE

Les transformations chimiques dues à la pepsine sont accompagnées de changements dans les propriétés physiques du mélange soumis à la digestion. Nous venons de parler de la solubilisation de la matière azotée. Mais il y a aussi une variation dans le pouvoir rotatoire du liquide, dans sa viscosité, dans son aptitude plus ou moins grande à fournir une mousse persistante par l’agitation, dans sa conductibilité électrique, etc. Toutes ces modifications de propriétés sont les effets d’une même cause : l’action peptonisante de l’enzyme. Mais ces effets ne sont pas nécessairement équivalents. Si, par l’emploi de l’un d’eux, nous avons constaté que la force diastasique d’un échantillon est dix fois plus grande que celle d’un second échantillon, nous ne sommes nullement certains de retrouver le même rapport en prenant comme moyen de mesure un autre effet : l’activité fermentaire établie d’après le pouvoir solubilisant est souvent très différente de celle basée sur le pouvoir peptonisant.

De ce qui précède, il résulte que le nombre des méthodes destinées à la détermination du pouvoir diastasique d’une pepsine doit être très grand : on peut, en effet, prendre comme matière à transformer, entre autres, l’ovalbumine fraîche ou coagulée, la fibrine humide ou sèche, le sérum-albumine, la caséine, l’édestine, la ricine, la gélatine ; et comme moyen d’appréciation, la solubilisation ou la liquéfaction, la peptonisation (disparition des acides-albumines ou des albumoses), la variation du pouvoir rotatoire, etc. On conçoit que devant une telle variété de procédés, on se trouve embarrassé pour faire un choix. Il en existe cependant, parmi ceux-ci, quelques-uns qui sont très commodes et que nous allons décrire maintenant. Il est vrai de dire qu’aucun n’a réuni jusqu’ici l’unanimité des suffrages. Il serait pourtant désirable de voir les expérimentateurs se mettre d’accord pour employer une méthode unique qui évitât les malentendus et permît une comparaison facile des divers résultats trouvés.

Méthode de Grützner. — De la fibrine, réduite en filaments aussi fins que possible, est trempée quelques instants dans une

PEPSINE

solution ammoniacale de carmin, puis essorée et rincée à l’eau pure. Le produit, coloré en rouge, se dissout dans une solution de pepsine chlorhydrique d’autant plus rapidement que la liqueur est plus riche en diastase : on détermine donc comparativement, d’après une mesure au colorimètre et au bout d’un temps donné, la quantité de matière colorante solubilisée, dans un liquide à essayer et dans une solution titrée de pepsine. Le rapport des teintes donne le rapport des activités diastasiques.

Méthode d’Effront. — Elle permet d’évaluer d’une façon expéditive et sûre le pouvoir dissolvant d’une pepsine. On prépare tout d’abord une émulsion d’albumine en dissolvant dans deux litres d’eau 80 gr. d’albumine d’œuf desséchée du commerce. On neutralise exactement cette dissolution, on ajoute 20 cc. d’HGl (N) et on maintient le liquide à 80° pendant 10 minutes en agitant énergiquement. Le précipité spongieux d’albumine qui se forme est recueilli sur un filtre, lavé à différentes reprises avec de l’eau distillée, puis pressé fortement. Le produit sortant de la presse retient encore 80 % d’eau ; on en prend 50 gr., qu’on dilue dans 250 cc. d’HGl à 2 gr. °/00, de façon à avoir 4 gr. d’albumine sèche pour 100 de liquide. Pour compléter la division de l’albumine, on fait passer le liquide une douzaine de fois à travers un tamis en soie.

L’évaluation du pouvoir dissolvant se fait avec cette émulsion de la manière suivante : Dans un tube à essai de 18 mm. de diamètre on verse 10 cc. du liquide émulsionné, on y ajoute 10 cc. d’eau et on le place au bain-marie à 50°, pour qu’il prenne la température du bain ; après quelques minutes on verse dans le tube 1/2 cc. d’une solution de pepsine à 0.5 °/0. De temps en temps on agite fortement le liquide et l’on attend qu’il devienne complètement transparent. Pour mieux saisir cet instant critique, on essaie de déchiffrer à travers le tube une lettre de petite dimension tracée à l’encre sur du papier blanc.

Le passage du liquide de l’état opaque à l’état de transparence est très net, et l’on peut avec sécurité enregistrer le nombre de minutes qui s’écoulent depuis le moment où l’on a additionné le tube de pepsine jusqu’à la clarification du liquide.

DOSAGE

Avec une pepsine d’excellente qualité le liquide blanc devienttransparent en 20 minutes; la force dissolvante est, dans ce cas, exprimée par 100 et l’on peut se servir de cette donnée comme point de comparaison. La force d’une pepsine qui, dans les conditions mentionnées plus haut, rend le liquide transparent en 40 ou 60 minutes, par exemple, pourra être exprimée par le chiffre 50 ou 33.

On peut apporter à cette méthode quelques variantes. Tout d’abord l’albumine sèche du commerce peut être remplacée par du blanc d’œuf: on prend des œufs, qu’on maintient 10 minutes dans l’eau bouillante. Après quoi, le blanc, séparé du jaune, est passé au tamis n° 10 (10 mailles par cm.) ; puis on fait une émulsion, à raison de 10 g r. de cette substance très divisée pour 100 cc. d’HGl à 0.25 °/0. On porte à 50°, on y ajoute la pepsine à doser et l’on maintient le tout à cette température. On note le temps, pour que la dissolution soit complète, comme précédemment. On peut aussi, après une certaine durée d’action et longtemps après que les dernières portions d’albumine coagulée ont disparu, essayer le liquide en le neutralisant exactement et voir combien il faut de temps pour ne plus obtenir de précipitation d’acide-albumine. Dans ce cas, la comparaison des activités diastasiques se fait d’après le pouvoir peptonisant. Un autre moyen d’apprécier conventionnellement la fin de la digestion consiste à traiter la prise d’échantillon par un peu d'acide azotique ; par exemple, 10 cc. du liquide de digestion seront additionnés de 15 gouttes N03H pur. On considérera que la protéolyse est terminée lorsque cette addition ne produira plus de précipité dû surtout à la présence d’hétéro-albumose.

Une modification assez commode lorsqu’on a une série de déterminations à faire est la suivante : on prépare une certaine quantité d’une solution à 2 % d’albumine sèche du commerce dans HCl à 0.25 %; on la passe au travers d’un linge fin pour éliminer les parties non dissoutes et on la répartit, à raison de 100 cc., dans différents matras. On porte à 35-40° et l’on ajoute les liquides pepsiques à étudier; à chacun d’eux correspond un témoin, obtenu par l’addition d’un même volume de solution de

PEPSINE

diastase, mais bouillie. On ajoute dans tous les ballons 1 cc. de chloroforme, on bouche hermétiquement et l’on abandonne 24 heures à l’étuve. Après ce temps, on neutralise les liquides, on ajoute un peu d’acide acétique et l’on coagule en laissant 3/4 d’heure les matras dans l’autoclave à 100°. Après refroidissement on fait un volume 125 cc., par exemple, on filtre et l’on dose l’azote dans le liquide clair.

Méthode des tubes de Mett. — C’est une des plus employées : elle convient particulièrement bien pour les solutions diastasiques très étendues. On aspire dans des tubes de verre de 1 à 2 mm. de diamètre de l’albumine retirée d'œufs très frais et correspondant à la partie la moins bulleuse du liquide, ou encore du sérum sanguin, et l’on coagule le tout à une température de 95°. On découpe alors ces tubes en petits fragments de 10 à 15 mm. de longueur et l’on en plonge deux, pour avoir une moyenne, dans 1 ou 2 cc. des divers liquides diastasiques à examiner. Le tout est placé à l’étuve à 37-38° pendant 10 heures. Après ce temps, on mesure à la loupe les longueurs d’albumine dissoutes aux deux extrémités de chacun des tubes. La somme, ' exprimée en millimètres et fractions de millimètre, représente la longueur du cylindre d’albumine dissous dans chaque essai. L’expérience a montré que, toutes choses égales d’ailleurs, les quantités de pepsine de divers sucs sont entre elles comme les carrés de millimètres d’albumine qui ont été digérés. Pour que la détermination soit valable, il importe que la longueur de l’albumine dissoute aux deux extrémités du tube ne soit pas trop grande : pratiquement, on est dans de bonnes conditions quand, sur les 15 millimètres de tube, on a seulement dissous au maximum 5 millimètres de chaque côté.

Méthode de Fuld à Védestine. — L’édestine, retirée du chanvre, peut servir à la détermination rapide du pouvoir peptonisant d’une pepsine. Voici la marche à suivre. On commence par préparer les solutions suivantes :

A) — Prendre 90 cc. HCl n/10 et faire 300 cc. en ajoutant de la solution physiologique ou simplement de l’eau.

DOSAGE

B) — Dissoudre 0.2 gr. d’édestine dans 200 cc. solution (A): bien délayer dans un petit mortier, et quand la solution est complète, filtrer pour avoir un liquide parfaitement clair.

C) — Dissoudre 0.5 gr. de pepsine-type dans 50 cc. d’eau physiologique. Quand tout est dissous, filtrer. La solution-type à 1 % est étendue successivement à 0.5 %> en ajoutant un égal volume d’une solution renfermant 60 cc. HCl n/10 pour 100 cc., puis à 0.05 % avec une solution HCl (A).

D) — Dissoudre 10 gr. de sel marin dans l’eau distillée et compléter à 100 cc. Filtrer.

L’expérience sera conduite ainsi : On prépare 10 tubes de 1 cc. de diamètre, renfermant chacun 2 cc. solution ( B ), puis 0.9, 0.8, 0.7, ...0 cc. solution (A), et 0.1, 0.2, 0.3, ...1 cc. solution diastasique à 0.5 % ou à 0.05 %• Après 30 minutes à la température ordinaire, on ajoute dans chaque tube 1 cc. solution (Z)), et l’on note le tube où la précipitation ne se produit plus.

Exemple. — En prenant une solution de pepsine-type à 0.5 %, il n’y a de précipitation dans aucun des tubes. En prenant une solution de pepsine à 0.05 %. on constate : Solution pepsine : cc. 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 Précipitation : + + + + + + — — — —

La précipitation cesse d’apparaîtra avec 0.7 cc. solution de pepsine à 0.05 %•

Calcul . — 100 cc. solution pepsique à 0.05 % = 0.05 gr. pepsine-type ; par suite 0.7 cc. solution pepsique â 0.05 % renferme 0.00035 gr. peptone-type. Donc 0.00035 gr. pepsine =• 2 cc. solution (B) = 2 milligr. édestine, d’où 1 gr. pepsine = Q QqQ35 = 5714 cc. = 5 gr. 714 édestine. La force de cette pepsine, qu’on prendra pour type de comparaison, est donc de 5714 unités.

Détermination du titre d’une solution quelconque. — S’il faut, par exemple, 0.8 cc. d’une culture microbienne renfermant de la pepsine, pour ne plus donner, dans les mêmes conditions que précédemment, de précipité, on dira : 0.8 cc. culture renferme 0.00035 gr. pepsine-type, dont 1 gr. pepsine est contenu dans 2285 cc. de culture examinée.

PEPSINE

Remarques. — i) On peut, sans erreur sensible, faire les dilutions de la pepsine-type dans l’eau pure, au lieu de HCl. De même, on peut prendre de l’eau pour faire le complément à 1 centimètre cube du volume de diastase employé.

2) On doit prendre comme tube limite celui où il n’y a plus aucun trouble par addition de NaCl. Un fort éclairage, celui d’une lampe à incandescence, par exemple, convient mieux que le jour naturel pour saisir la disparition du louche.

3) Il faut une solution d’édestine bien fraîche. De plus, les liqueurs employées doivent être parfaitement limpides.

4) Il est indispensable de toujours précipiter l’édestine non transformée par NaCl en quantité constante, par exemple, pour les conditions expérimentales indiquées, 1 cc. NaCl à 10 %. En effet, des quantités plus ou moins fortes de NaCl feraient varier la limite à laquelle cesse l’apparition du louche.

5) Il arrive parfois que le liquide contenant la pepsine à doser précipite de lui-même la solution d’édestine. C’est, par exemple, le cas de cultures microbiennes faites sur du lait et renfermant peu de pepsine. La précipitation est due alors aux substances salines contenues dans le lait, et leur action coagulante se fait d’autant mieux sentir, qu’on emploie davantage de culture. Dans ce phénomène, il n’intervient aucune influence diastasique, car le précipité se produit aussi bien avec des cultures bouillies qu’avec des cultures non bouillies. Naturellement, le procédé de dosage de la pepsine qu’on vient d’exposer ne réussit plus avec de tels liquides. En effet, le mélange d’édestine et de culture à examiner étant déjà trouble, il devient impossible de voir si une addition de NaCl produit un nouveau précipité.

D’après une communication verbale du Dr Wallerstein (de New-York), on évite souvent cet inconvénient en ajoutant à la solution d’édestine une faible quantité de citrate de soude. D’autre part, on augmente beaucoup la sensibilité, et l’on arrive à des résultats bien meilleurs en modifiant ainsi la méthode de Fuld : on dissout 0.1 gr. d’édestine dans 100 cc. HCl N/10; on prend 2 cc. de cette solution, on ajoute 5 cc. de liquide à

DOSAGE

analyser et on laisse dans le bain-marie à 50°, pendant 3 heures si l’on recherche la pepsine, et même pendant 24 heures pour une recherche de papaïne. Dans ces conditions, on décèle encore avec sûreté la présence d’une quantité d’enzyme égale à 1 ou 2 cent millièmes, soit 1 gr. de pepsine dans 100 litres d’eau : la réaction est devenue environ 50 fois plus sensible.

Méthode de Jacoby. — Cette méthode est basée sur ce fait, que de la ricine en solution diluée dans NaCl fournit un liquide trouble qui devient transparent par l’addition d’un peu de pepsine, cet enzyme exerçant son action digestive sur les matières albuminoïdes peu solubles qui accompagnent la toxine, sans agir directement sur celle-ci.

Pour le dosage, on dissout 1 gr. de ricine Merck dans 100 cc. d’eau additionnée de 1.5 gr. NaCl ; puis on ajoute au liquide une quantité déterminée de HCl, et, ensuite, la pepsine. La solution devient très rapidement transparente quand on se trouve en présence d’une quantité de pepsine suffisante. Dans les essais suivants on a pris 3 cc. d’émulsion de ricine -f- 1 cc. HCl à 0.56 % 4- 1 cc. H20, et l’on a ajouté les quantités de pepsine indiquées ci dessous :

Action de différentes doses de pepsine sur une émulsion

DE RICINE.

La méthode est extrêmement sensible et présente le grand avantage d’être très expéditive. Elle est surtout recommandable quand il s’agit d’essais comparatifs.

D’ailleurs, nous aurons l’occasion de revenir sur ces questions d’analyse, dans la chapitre Pepsine commerciale, à propos de la détermination du titre officinal d’une pepsine.

Pepsine employée :

1 mgr.

Eclaircissement après :

aussitôt.

15 minutes.

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