‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 97 sur 209 · LIQUIDES EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

LIQUIDES EMPLOYÉS

Longueur»

digérées

Sérum

d’albumino en mm.

Blanc d’œuf

c. suc pancréat. + 0.5 cc. entérok. + 0.5 cc. NaCl 8 °/00.

CO

c paner.

activé + 0.1 cc. sérum à jeun + 0.4 cc. NaCl.

traces

cc. sérum repas

+ 0.4 cc. NaCL

traces

L’antitrypsine se comporte comme un enzyme. Mais il y avait Lieu de rechercher, dans son action sur le suc pancréatique, lequel des trois facteurs est directement visé : le trypsinogène, l’entérokinase ou le produit résultant, la trypsine. Suivant les cas, l'action du sérum sanguin s’expliquerait par l’existence d’un antitrypsinogène, d’une antikinase ou d’une antitrypsine. Des recherches de Meyer, il résulte que le sérum sanguin contient seulement une antitrypsine ; par préparation d’un animal au moyen d’injections répétées de trypsine, on arrive à augmenter le pouvoir antitrypsique de son sang; mais on n’arrive point par le même procédé, en injectant du suc pancréatique non activé ou du suc intestinal, à obtenir de l’antitrypsinogène ou de l’antikinase. Cependant, Dastre et Delezenne sont d’un avis contraire, et, d’après eux, le sérum agirait par une antikinase.

TRYPSINE.

Action de Pantitrypsine sur des solutions de trypsine atténuées par le chauffage ou l’agitation. — L’antitrypsine peut servir à évaluer l’activité protéolytique d’une solution de trypsine. Le sérum conserve son pouvoir antifermentaire assez longtemps pour qu’on puisse en faire une solution-type et, quand le besoin s’en présente, ramener, au moyen de celle-c une solution quelconque de trypsine au même titre. L’emploi de l’antitrypsine dans les dosages offre encore un grand avantage : c’est qu’il révèle dans les solutions d’enzyme des modifications qui auraient complètement échappé par d’autres méthodes. C’est ainsi que le volume de solution de trypsine correspondant à une quantité de sérum déterminée, dépendra de la température à laquelle la solution de trypsine a été préalablement portée. Quand on maintient une solution de trypsine pendant 25 minutes à 50°, elle perd 25 % de son pouvoir protéolytique, c’est-à-dire qu’il faudra un tiers de cette solution de trypsine chauffée de plus pour produire, dans les mêmes conditions, le travail fait avec la solution de trypsine primitive.

L’enzyme ainsi atténué devrait aussi se montrer, dans le même rapport, moins sensible à l’égard du sérum. Or, ce n’est pas ce qu’on observe. Avant qu’on ait chauffé la trypsine à 50°, 1 p. de sérum neutralise 5 p. de solution de trypsine, par conséquent, en employant la trypsine affaiblie par le chauffage, qui a perdu le 1/4 de son pouvoir, il faudrait, pour neutraliser 1 p. de sérum, théoriquement, 6.7 cc. de cette solution. En réalité, 1 p. de sérum exige au moins 10 p. de trypsine chauffée.

Une même divergence est observée avec des solutions de trypsine affaiblie par agitation. Dans l’étude de la pepsine on a déjà mentionné qu’une solution d’enzyme perd sensiblement de son pouvoir protéolytique par l’agitation. La cause de cette diminution s’explique en partie par ce fait qu’une fraction de la diastase reste collée sur les parois du vase, qu’une autre passe dans la mousse et qu’une dernière, enfin, est réellement détruite. Pareil phénomène a lieu avec des solutions de tryp-

sine :

A.NTITRYPSINE.

Altération de la trypsine par l’agitation.

Pouvoir protéolytique-

Perte.

Témoin

30 m. d’agitation

Ainsi, les solutions perdent considérablement de leur activité à la suite de l’agitation. Mais les essais faits avec l’antitrypsine révèlent que l’altération provoquée par l’agitation est encore beaucoup plus grande que ne l’indique l’analyse directe :

Solution témoin : 1 p. sérum neutralise 10 p. trypsine.

Après 30 m. d’agitation : 1 » 50 »

Les données analytiques, telles que les précédentes, qui sont basées sur la quantité d’albumine dissoute dans un temps donné, ne reflètent donc pas toujours la richesse réelle d’une trypsine en substance active. Une diastase très affaiblie peut encore fournir un maximum d’effet à une température très voisine de celle de sa destruction. Dans une solution altérée, la quantité de substance active restante ne peut plus être mesurée par son action directe sur la matière albuminoïde, car son activité se trouve en quelque sorte exaltée. Quoique le nombre d’unités de diastase soit très réduit, le travail digestif produit est tel qu’on est amené à conclure à une quantité de diastase beaucoup plus grande que celle qui existe réellement. Au contraire, l’antitrypsine ne paraît pas sensible à tous ces effets secondaires; une unité d’antitrypsine sature toujours, quelles que soient les conditions, une unité de trypsine présente. Il en résulte que les données fournies par l’antitrypsine se rapprocheront toujours beaucoup plus de la réalité que celles obtenues par l’analyse ordinaire.

L’atténuation de l’activité des cellules vivantes ne se laisse pas non plus toujours mesurer par la voie directe, et sur ce point il y a, encore une fois, un parallélisme très grand entre les cellules et les enzymes. Au cours de la fermentation

TRYPSINE.

alcoolique d’un moût de grain à la température de 28°, on peut faire monter la température à 37° pendant une heure sans conséquence apparente. Ramenée à 28°, la fermentation se continue en donnant par heure le même dégagement gazeux qu’avant que le liquide ait été porté à 37°. Cependant, en étudiant de plus près, on voit que cette surchauffe de courte durée a néanmoins apporté des changements profonds, qui se maintiennent même pendant un certain temps. C’est ainsi que la levure, qui supportait, avant qu’elle eût été portée à 37°, une dose déterminée d’antiseptique, succombe déjà quand la dose est réduite de moitié. De plus, l’introduction, dans un tel moût en pleine fermentation, d’une culture de ferment lactique, à raison d’une bactérie pour 100 cellules de levure, n’amène point d’acidification dans le moût. Au contraire, la levure qui a subi l’action de 38° pendant une heure ne supporte plus la concurrence du ferment lactique ; et même, si l’on ne met qu’une bactérie pour 500 cellules de levure, on constate encore que le liquide s’acédifte très rapidement. Ainsi, dans l’action des enzymes comme dans celle des cellules vivantes, une atténuation de leur activité ne se laisse point directement mesurer, et ce sont seulement des réactions spéciales, comme celles des antiferments, ou la sensibilité aux antiseptiques, ou encore la résistance vis-à-vis d’autres cellules vivantes, qui peuvent révéler toute la profondeur du changement.

Dosage de la trypsine.

Méthodes citées déjà pour le dosage de la pepsine.

— Les considérations générales que nous avons développées à propos du dosage de la pepsine se retrouvent intégralement ici. Même variété dans le choix des substances albuminoïdes à transformer, ainsi que dans le mode d’appréciation de la marche de la réaction. Il convient cependant de noter un avan-

DOSAGE

tage de la trypsine sur la pepsine. On sait que la diastase pancréatique pousse la digestion beaucoup plus loin que l’enzyme stomacal et qu’elle fournit, parmi les corps d’hydrolyse, une certaine quantité d’acides aminés. Or, ceux-ci, grâce à la méthode de Soerensen, sont susceptibles d’une évaluation assez exacte. On a donc, dans la détermination des acides aminés formés, un moyen commode et précis pour mesurer l’activité d’une trypsine. A part cette exception heureuse, presque toutes les méthodes que nous avons exposées pour la pepsine s’appliquent au dosage de la trypsine.

Les méthodes de Grützner à la fibrine colorée, d’EFFRONT au blanc d’œuf, de Mett avec les tubes fins pleins d’albumine coagulée, restent telles quelles : seulement, la digestion, au lieu d’être effectuée en milieu acide, devra se faire en réaction neutre ou, mieux encore, très légèrement alcaline.

Méthode à la caséine. — La caséine a été proposée successivement par Weis, Fuld et quelques autres, comme substance propre au dosage de la trypsine. Voici comment on l’emploie, en vue de la détermination de la richesse diastasique d’une pancréatine. Un gr. de caséine de Hammarsten est dissous dans 10 cc. de soude N/10 additionnés d’un peu d’eau. Il est avantageux de chauffer légèrement. Quand la dissolution est totale, on neutralise exactement au papier de tournesol, ce qui exige environ de 5 à 7 cc. HCl N/10. On porte ensuite à 100 cc. avec une solution de NaCl à 0.8 %. D’autre part, on fait dans l'eau physiologique une solution pancréatique à 1 %; une 2e à 1 °/00; une 3e à 1 0/00o. Enfin on prépare une solution d’acide acétique dilué en mélangeant 5 cc. d’acide glacial + 45 cc. d’alcool + 50 cc. d’eau. La détermination se fait de la façon suivante : dans une série de tubes on met de 1 à 5 cc. de solution pancréatique à diverses concentrations. On amène à 10 cc. avec la solution salée physiologique et l'on ajoute 2 cc. de la solution de caséine à 1 °/0. On laisse une heure à 40", puis on ajoute trois gouttes de solution d’acide acétique et l’on constate le trouble ou son absence. Soit, par exemple, une série de tubes contenant :

TRYPSINE.

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