VI
1 cc. solution pancréatine à 1 % soit 0.0100 gr. substance
1/10 cc.
5/10 cc.
3 cc.
1 °/oo 1 %oo 1 °/ooo 1 °/ooo
Après action de la diastase et addition de l’acide, on constate que I, II, III, IV ne se troublent pas, tandis que V et VI donnent un précipité de caséine. Donc 0.0003 gr. est la dose minima capable de digérer la caséine présente. On voit ainsi que :
1) 0.0003 gr. de trypsine digère une dose de caséine de 0.02 gr., autrement dit, 1 de trypsine digère 06 de caséine. La force de la trypsine est donc de 66.
2) On peut dire aussi que l’unité de trypsine pour digérer les 2 cc. de caséine est de 0.0003.
Remarques. I. — Il arrive parfois qu’après avoir mélangé, selon la technique recommandée, la solution diastasique et la caséine, et mis le tube au bain-marie à 40°, on observe, au bout de quelques minutes, l’apparition d’un louche, ou même d’un précipité. Ce phénomène s’observe surtout avec des cultures microbiennes faites sur du lait. Il est dû à une action diastasique. En effet, si l’on opère comparativement avec dessolutions protéolytiques bouillies ou non bouillies, on voit que le précipité n’apparaît que dans les tubes où l’on a mis la diastase non chauffée. Il est vraisemblablement dû à la précipitation de la caséine sous l’influence de la présure contenue dans la culture, en même temps que la trypsine. Si l’on maintient plusieurs heures à 40° un pareil tube où la caséine a été précipitée, on constate que le précipité finit, à la longue, par se redissoudre. La méthode de dosage de la trypsine par la caséine ne saurait évidemment s’appliquer à de tels liquides diastasiques. En effet, le liquide résultant du mélange de la diastase et de la caséine étant déjà trouble, il devient impossible de voir si l’addition d’acide acétique produit un nouveau précipité. De plus, la trypsine agissant sur une caséine précipitée, au lieu
DOSAGE
d’être dissoute, on voit que les conditions expérimentales cessent d’être comparables.
II. — La caséine peut encore être employée d’une autre façon pour le dosage de la trypsine ; ce dispositif convient surtout quand on a une série de dosages à faire : On prépare, comme précédemment, une solution de caséine neutre à 1 %. On la répartit, par fraction de 100 cc., dans une série de fioles, où l’on ajoute ensuite les liquides diastasiques à étudier. Des essais témoins sont disposés en introduisant les mêmes quantités de liquides diastasiques bouillis. On additionne tous les flacons de 2 cc. d’un mélange de chloroforme et de toluol, on laisse 24 ou 48 heures à 40°, puis on précipite la caséine restante par une quantité, déterminée à l’avance et toujours la même, d’acide acétique N/10. On fait un volume, on filtre et l’on dose l’azote total dans le liquide clair.
Emploi de la méthode de Soerensen. — Si l’on veut se rendre compte de la différence d’allure dans l’attaque des matières albuminoïdes par des trypsines d’origine variée, il faut, dans le liquide filtré provenant de la digestion de la caséine ou de l’albumine et débarrassé de l’excès de matière non transformée, faire non seulement un dosage d’azote total, mais encore déterminer la répartition de cet azote entre les différents produits de la dégradation. On fera donc, sur une partie aliquote du liquide, un dosage de l’azote précipitable par le sulfate de zinc ; sur une autre, un dosage de l’azote précipitable par l'acide phosphotungstique ; enfin, sur une troisième fraction, le dosage de l’azote aminé par la méthode de Soerensen. Dans certains cas, il sera même bon de déterminer l’azote ammoniacal, celui qui est mis en liberté par ébullition avec MgO, soit à 100°, soit mieux dans le vide (1). On constatera ainsi que non seulement des trypsines peuvent avoir des activités plus ou moins grandes, mais en outre, qu’elles travaillent le plus souvent de façon très différente.
(1) On trouvera les indications nécessaires pour effectuer ces différents dosages, p. 246, pour l’azote zinc et l’azote tungstique ; p. 332, pour l’azote formol, et p. 261, pour l’azote ammoniacal.
TRYPSINE.
Méthode de Jacoby. — Cette méthode est basée sur le même principe que celle déjà décrite à propos de l’analyse de la pepsine. On fait tout d’abord une émulsion de ricine contenant 1 gr. de cette substance pour 100 cc. d’eau et 1.5 c. NaCl. On verse 2 cc. de ce liquide dans une série de tubes à essai, dans lesquels on ajoute ensuite : 0 0.1 0.2 0.3 0.5 0.7 1 cc. sol. de trypsine à 1 %. Puis on amène tous les volumes à 3 cc., et l’on ajoute dans chaque tube 0.5 cc. de soude à 1 °/0. On laisse à 37° et l’on observe le moment où le liquide devient clair. Avec 0.1 cc. de trypsine à 1 % de bonne qualité, on obtient une clarification complète au bout de 6 heures.
Suc pancréatique.
D’après Glaessner, on peut évaluer à 500 ou 800 cc. la quantité de suc sécrété chez l’homme en 24 heures. On a cru pendant longtemps que l’activation de la glande pancréatique était provoquée par le système nerveux, et l’on admettait que les centres nerveux commandant cette sécrétion résidaient dans le pylore. Bayliss et Starling ont montré les premiers que dans le mécanisme de la sécrétion intervenait un agent spécial, la sécrétine, qui vient de l’intestin et qui est amené au pancréas par le sang : la preuve de ce dernier fait a été donnée d’une façon définitive par Wertheimer, Launoy, Popielski, Zunz, Lalou, etc.
Le suc pancréatique forme un liquide visqueux, de réaction alcaline. Pour neutraliser 100 cc. à la phénolphtaléine, il faut 10 à 50 cc. d’acide N/10. Le poids spécifique varie de 1.00448 à 1.00455 et peut atteindre 1.0098. Son point de congélation oscille entre — 0°46 et — 0°49. L’analyse du suc pancréatique de l’homme fournit les résultats suivants :
SUC PANCRÉATIQUE. 355
Analyse du suc pancréatique.
Dans 100 parties
Ellinger et M. Cohn
SCHÜMM
Glaessneb
Eau
Matière sèche ....
Azote
Albumine coagulable . .
Soluble dans l’alcool . .
Globuline
Albumine
Poids spéciflque . . .
L’analyse des cendres a une certaine importance, vu que le suc en renferme de 0.9 à 0.95 %, soit la moitié environ de l’extrait sec. On y trouve des carbonates, des chlorures, des sulfates, très peu de phosphates ; certains auteurs signalent la présence de la chaux; d’autres, son absence. Nous reviendrons plus loin sur ce point d’un intérêt primordial.
Voici d’après Schmidt, d’une part, d'après Frouin et P. Gérard, de l’autre, la composition minérale du suc pancréatique de chien et de vache. Les chiffres se rapportent à un litre de suc pancréatique.
Composition minérale du suc pancréatique.
Sac analysé
Ol
Na
Ca
Mg
Schmidt : Suc de chien
Chien, après sécrétine
, Fistule temporaire
Vache : Fistule :
| a) Permanente. .
b) Aseptique. . .
trace
Nous verrons dans un autre chapitre que le suc pancréatique pur, recueilli par cathétérisme du canal de Wirsung, est
TRYPSINE.
toujours privé de pouvoir protéolytique : on le rend actif en l’additionnant soit d’entérokinase, soit d’un sel de calcium. Il était donc intéressant de rechercher si le suc pancréatique contient par lui-même de la chaux.
E. Pozerski, en se servant de la méthode de dosage de Grimmé (Thèse de Fribourg, 1905), a recherché cet élément dans le suc pancréatique de chien, sous l’influence de divers agents sécrétoires. Il a étudié tout d’abord le suc de sécrétine : l’analyse a porté sur 12 échantillons de suc différents, tous rigoureusement inactifs vis-à-vis de l’ovalbumine coagulée. Tous ont donné 0 pour Ca. Il a examiné, d’autre part, le suc de pilocarpine. On sait que cet alcaloïde, comme d’autres substances, d’ailleurs, provoque une sécrétion manifestant par elle-même une action protéolytique parfois très intense. Ce suc, à divers points de vue franchement anormal, renferme toujours du calcium en quantité très appréciable. Pozerski a même reconnu que son activité protéolytique varie sensiblement dans le même sens que sa richesse en calcium. Voici les résultats fournis par différents sucs de pilocarpine :
Relation entre la teneur en chaux du suc de pilocarpine