INTRODUCTION. XXV
d'une nature remarquablement élevée, mais si peu douée du sens pittoresque.
Après le Salon de 1847, M. Gerôme et M. Couture attirèrent sur leur talent l'attention générale et depuis ils l'ont fixée, mais à l'aide de sacrifices regrettables. Le Combat de coqs, YOrgie romaine avaient fait concevoir aux esprits optimistes des espérances qui ne se sont pas absolument réalisées. On ne s'attendait guère sans doute, en ce temps-là, à les retrouver rivaux dans une lice singulière^ illustrant, à qui mieux mieux, et de leur pinceau, la vie et les infortunes de Pierrot.
Ce n*est pas sans une mauvaise humeur légitime que la critique parcourt ces groupes divers où l'habileté pratique sert de passe-port à la drôlerie agréable poussée parfois jusqu'à la hcence, où Ton voit côte à côte, les élèves de Rome et les artistes libres plaisanter, caricaturer — ceux-ci l'histoire ancienne, — ceux-là l'histoire moderne. Le tribunal révolutionnaire et l'aréopage son t enfermés dans un égal scepticisme; les Vénus mythologiques et les victimes de la Terreurinspirent les mêmes grâces badines; pour les unes et pour les autres, la palette se charge des couleurs les plus char-.
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mantes, les phtt» tendre». Teut cela eât aimable, co« guet, mais, on en conviendra, ne répond à son objet que très-imparfaitement.
Arrôtons-nous de préférence à deux artistes qui ont vaillamment gagné leur place dans Tbistoire de Fart contemporain. Ils ont chacun leur originalité entièrement distincte ^ entre eux nulle parenté, non phis qu^avec aucun aut^e peintre. Leurs œuvres s'enlèvent sur le fond commun avec un relief vraiment particu^ fier ; on tes remarque entre toutes. Il y a néanmo^ un vif int^^ à raf^rocher les noms de MM. Meisso* nier et Decamps, parce que dans leur supériorité individuels ils présentent te pbi» absolu des contrastes. Le premier se plait à sonder scrupuleusement et à exprimer tour à tour les phénomènes intérieurs du eœur et de ^esprit ; le second s'est plongé, s^est ab« sorbédansbi contemplation des phénomtoes-nattire]», et il les a rendu» avec un entrain, une verve longtemps infatigable. Pour Decamp», l'homme est dans la natufe uft acceMOfre^ insignifiant, un animal de plus qui anime et donne du mouvement au paysage. Pour M. Meissonier t^ute la nature est dans Thomme; i1 n*a vu et n'a jamais- voulu voir que cette figure
expreeaiva où «0 refl^laat toutes les agitations du inonde extériéui* dont il s'iest constamment éearté, alors que Decamps maître de la lumière hésitait et entait sa main trembler devant cette même figure ^'il négligeait syfitématiqHôment. Où. ne dirait pas sans une évidente partialité que ces deux peintres sont exempts de toute erreur». Deeamps a mérité les eévéritéB de la critique, tou4 a^ moins a-t-il amoindri «on auréole, [précisément paï* ùe méptii de Phtiânava qu'il affectait dans ses «uvrés ; ot=dan« ce Aiépris je vois bien plutôt une marque de fàîbteMeët d*impùissaiide qu'un signe de force. Mais nV)«iUlo!is pas que Decamps a ouvert à l'école françai^d 1^ portes d\>r d'un monde éMoviissant, celles de IHMont ; «aehonslui gré d'avoir été i'initiateur et pour «itesi dire le parrain des Harilhat ei des Frozireatin. Avoir tarouvë après les maîtres une note originaio, indiqué une v(He nouvelle, c'est avoir acquis d'incontestaMes tiii^ à un renom durable.
Decamps, qui n-a pas fait^'élèves^ a eu des rivaux et des «uceeséeurs dont le talent supporte sans fléchir la comparaison avec lé sien. M. Meissonier a des imitateurs plutôt que de sérieux émules. S'il a le rare