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bandonne aux sentimentalités intempestives de ce peintre, je crois que Ton est en droit de lui demander plus d'âme que n'en a montré Decamps ; Je crois que la peinture est un art humain qui exige une certaine faculté d'émotion chez celui qui le pratique, et je suis convaincu que Decamps, s'il eût peint de grands tableaux d'histoire, n'aurait jamais rien fait de semblable au Massacre deScio^ par exemple — im massacre cependant — où M. Eugène Delacroix a su mettre tant de pitié. Si cette absence de compassion ne porte pas d'une manièreappréciable sur la valeur pittoresque de son talent, elle en diminue peut-être assez la valeur morale pour modifier le jugement définitif que la postérité portera sur son œuvre. Mais elle lui tiendra compte de l'inquiétude perpétuelle de son esprit, toujours agité, en quête de progrès, continuellement inassouvi, se rele'vant de ses défaillances les plus profondes et de ses chutes, plus courageux qu'il. ne Tavait jamais été. Elle admirera la volonté de cet homme qui, reconnaissant ses erreurs, renonça aux applaudissemen ts qu'elles lui valaient pour demander obstinément à un corps de doctrines établi, considéré comme le ferme appui de la tradition, la force, la sécurité qui lui manquaient. Elle pourra reconnaître la vanité de sa tentative, Tattribuer à ce qu'au Ueu d'approprier la tradition classique à son talent, il sacrifia son talent à la tradition classique ; mais dans cette lutte qui n'a pas cessé un seul jour, elle sera forcée de reconnaître aussi une âme singulièrement
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consciencieuse et possédée du besoin de perfection ; elle devra donc, comme nous le faisons noas-même, respecter sa mémoire pour cetacte constant d'héroïsmo intérieur.