XII INTRODUCTION
à la suite de son chef, était tombée. La pratique était méconnue, oubliée, perdue. L'artiste savait dessiner; peindre, il ne le savait plus. Il possédait à fond les canons, les règles de Tanatomie, les proportions du corps humain, les lois récentes de la composition pittoresque. Il avait désappris les éléments de la facture large et persistante, les combinaisons les plus simples de la couleur. Les premiers dissidents ne songèrent d'abord qu'à rentrer en possession des procédés féconds imprudemment écartés; ils comptèrent, pour le succès de leur tentative, sur Tétude assidue des maîtres coloristes proscrits par Fécole ; ceux-ci se présentaient en outre avec l'attrait du fruit défendu. Jamais Rubens, jamais Rembrandt, jamais les Vénitiens et les Espagnols ne s'étaient vus au Louvre le centre de tant de chevalets chargés de co» pies ardemment exécutées. Il est facile de prévoir dès
ce moment que Tautorité de David, que la durée de ses préceptes, sont gravement compromises: On corn-
prend combien la pente était glissante, de combien peu il s'en fallait qu'en se décidant à nier la richesse d'exécution sous la brosse du maître, on en arrivât à nier également la richesse de l'invention. Un tel