‹ Les chefs dʹécoleChapitre 9 sur 74 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

maintenant que les artistes dont se composait le cénacle n'étaient pas plus de sept ou huit, qu'il est facile de nommer : deux sculpteurs, MM. Antonin Moyne, AugustePréault; un paysagiste, M. PaulHuet; et parmi les peintres d'histoire : MM. Louis Boulanger, Robert Fleury, Eugène Devéria, Ary Scheffer, — Comairas et Poterlet, deux noms oubliés, — el le plus illustre, M. Eugène Delacroix.

Le romantisme s'est permis toutes les folies. Il représente le triomphe absolu de l'imagination sur la raison ; mais ses excès ne doivent pas nous faire oublier les services qu'il a rendus en forçant les peintres à rapprendre leur métier, en ressuscitant parmi eux Tétude et le goût des combinaisons de lumière et de couleur. Il a laissé en outre des œuvres qui feront époque. La Naissance d'Henri IV, le Colloque de Poissy^ les peintures des deux bibliothèques du Palais-Bourbon et du Luxembourg resteront dans l'avenir à l'honneur de l'école française au xix« siècle.

Dans le rôle que noua avons choisi et adopté en face de cette curieuse époque, nous devons, avec une égale impartialité, évoquer les noms qui ont ^opposé le plus de résistance à Tenvahissément des idées ro-

XVni INTRODUCTION.

mantiques* Il en est ua qui les prime tous ; celui de M, Ingres, Disciple fervent du vieux maître,— de David, — M. Ingres est, si l'on ne considère que la rigidité du principe, légèrement coupable de quelques coucessicms à la vogue récente. Mais il rentra bientôt comme im aUié puissant dans le sein de l'école qui Tavait formé. Il lui apporta le concours de son autorité naissante, et en retrempant aux sources mêmes de Técole romaine, en élargissant Tesprit des doctrines de David , observées à la lettre avec une trop grande rigueur par les classiques fidèles, il sut raviver habilement l'intérêt , ramener la popularité languissante à ceux qui, sans lui, auraient sans doute reçu le coup de grâce. Peut-être devrait-on reprocher à M, Ingres d'avoir, pour son compte, trop exclusivement saprifté au eultç de la ligne, non-seulement aux dép«:is de la ppuleur^ ce qui est devenu un Heu cornmun, mais parfois aux dépens de la vérité anatomique et, ce qui astplusgrave, presque toujours aux dépens de l'expression, u'est-à-dire de la vérité morale. Cependant il faut lui savoir gré d'avoir mainteiiu sév^ rement le goût, le culte de Tantique, où l'art trouvera toujours , non des modèles que l'on imite, mais des

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