‹ Les classiques de la tableChapitre 13 sur 282 · QUELQUES EXPLICATIONS PRELIMINAIRES. XI · texte numérisé non relu

QUELQUES EXPLICATIONS PRELIMINAIRES. XI

lui dit le moribond en levant les yeux avec une douce joie; — quelle nouvelle de l’armée? comment se portent les jeunes princes? n’est-ce pas, on se battra bien ? » Puis il fit une pause et reprit d’une voix faible : « As-tu vu beaucoup de gibier là-bas? »

Voilà M. de Cussy tel que je l’ai connu , comme homme , comme causeur facile et fin , comme gourmand.

Il a peu écrit ; ce qu’il a fait a été comme dicté ou tracé à la hâte ; il n’en a jamais relu les épreuves ; il ne faut donc pas y chercher tout son esprit.

Sa vie peut être résumée par quelques traits. — Il ne laissait manger qu’avec mesure et boire qu’à petits coups. — On jouissait chez lui d’une liberté polie. — Les dîners duraient deux heures, — puis on se dispersait et l’on était libre. — Règles. Peu de monde à table : 10, U , ou 7 , 5. — Sa petite table était ouverte une fois toutes les semaines. — Souvent il était à la Halle dès quatre heures du matin. — Répondant à M. Brillat-Savarin, qui demandait deux douzaines d’huîtres par couvert , détachées, placées d’avance : — « Professeur , vous n’y pensez pas! des huîtres ouvertes et détachées! Je ne vous excuse que parce que vous êtes né dans le département de l’Ain !» — Il défendait de manger lorsque l’appétit n’était pas réveillé. «Ne faites rien de trop pour votre estomac , ou il vous abandonnera ; car il est ingrat. » — « Ne réunissez à dîner que les gens qui s’affilient en morale et en pensées. » — « En hiver votre salle à manger sera chaude, 13 degrés ; baignez-Ia de lumières. » — Il méprisait le thé , — et déclarait déserteur tout invité qui, au lieu d’arriver à six heures, n’arrivait qu’à six heures un quart.

M. Brillat-Savarin demandait qu’une salle à manger fût ornée de glaces; M. de Cussy résistait, parce que «ce n’est qu’à jeun qu’il faut

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