XII QUELQUES EXPLICATIONS PRELIMINAIRES
s’étudier dans son miroir. » — Le professeur conseillait la musique pendant le dîner; M. de Cussy l’acceptait lorsque, c’était « celle des instruments à vent, qui ont sur les autres la supériorité d’Apicius sur Lucullus. »
L’originalité de son tour d’esprit lui rendit chère , sur la fin de sa vie, sa réputation de gastronome; la spirituelle charge de M. Dantan, qui le montre sortant d’un pâté, lui fit quelque plaisir : c’est d’après l’épreuve que j’ai reçue de lui que ce petit dessin est tracé.
J’ai insisté quelques instants sur M. de Cussy, parce qu’il a été un des meilleurs types de l’art comme l’époque le veut.
Après lui vient la foule ; tout ce qui a été dans le bon chemin, mais ce qui a moins marqué : le bon et spirituel d’Aigrefeuille, qui demandait une académie de la g ueuie ; cet amphitryon, qu’un mets manqué à sa petite table, place du Carrousel, rendait pâle, effaré; qui croisait alors ses petites mains sur son ventre ; cet homme si poli, qui, dînant en ville , eût fait l’éloge d’une soupe à l’oignon ; — M. de Cobentzel , long-temps ambassadeur à Paris , homme d’un esprit charmant et l’inventeur d’un entremets délicieux , le koukofï; — Camérani, convive énorme et grand, d’un goût si fin, d’une humeur si enjouée; — le spirituel Gastaldi , savant médecin ; — Paër , musicien plein de goût; — M. Hoope. — Si je devais prolonger ces détails, cette longue lettre deviendrait une histoire de la gastronomie de notre temps: et les éditeurs n’ont pas entendu la donner ; il faudrait d’ailleurs la mêler aux autres choses de l’époque , et le moment n’est pas venu d’y