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LES OISEAUX DE LA FERME

Ou , pressé dans le moule avec plus de lenteur,

Durcirait pénétré d’un sel conservateur.

Quelquefois, m’égarant au doux pays des fables,

Je mêlerais au vrai leurs mensonges aimables ;

L’homme s’endort bientôt à l’ennui des leçons :

Dans ces chèvres broutant la ronce des buissons ,

Je croirais voir encor l’immortelle Amalthée ;

Mes abeilles viendraient des ruches d’Aristée ;

Et ces ramiers bruyants , du faîte de leurs toits ,

Pour le char de Vénus, descendraient à ma voix.

Mais qu’osé-je entreprendre , et quelle est mon audace ! Dans cet immense champ que ma pensée embrasse ,

Et Virgile et Vanière ont tous deux moissonné :

Vanière a tout décrit , Virgile a tout orné.

Poètes de Palès , que Palès même inspire ,

J’écoute vos concerts, je me tais et j’admire :

Heureux si de mon luth les accords imparfaits Pouvaient être entendus sur le Pinde français !

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