‹ Les classiques de la tableChapitre 149 sur 282 · SALONS POUR LA DANSE · texte numérisé non relu

SALONS POUR LA DANSE

Toutes les maisons élégantes ont maintenant, pour le salon de danse, une trilogie de pièces , de telle sorte que le salon est développé ou resserré, suivant les besoins de la soirée. Il suffit pour cela de baisser les portières qui sont attachées aux portiques des deux séparations. Dans quelques maisons moins splendides, la trilogie n’est donnée que par la réunion du salon proprement dit , de la chambre à coucher et de la salle à manger. Cette transformation n’est que passagère. Dix maisons de la Chaussée-d’Antin, du faubourg Saint-Honoré et des opulents boulevards, les salons qui ont le plus de vivacité et d’élégance ont déjà subi ces métamorphoses d’un jour. On cite même quelques salons charmants ou boudoirs du monde irrégulier, jeune, dont aucune autre capitale n’égale le goût et la tournure distinguée , L’élégance y brille avec tous les excès du dessin. Dans un petit nombre, il est vrai, l’or et la soie sont prodigués. Le satin vert couvre les murailles, le satin blanc cache les plafonds; le satin blanc et le satin vert réunis forment, pour les fenêtres et les portes, de doubles rideaux relevés par de gros câbles d’or. Ici le tulle ou la moussi ne semblent brodés par la main des fées. Toutes les séductions sont rssemblées: la pompe, la fraîcheur, la coquetterie. Ce salon-là n’est pas celui d’une dame du monde ; il a pour objet quelque étroite e

mystérieuse intimité. Souvent celui qui vient s’y reposer, assez négligé sur lui-même , a ses habits empreints d’une légère odeur de tabac qui aurait certainement blessé la délicatesse d’une Gaussin , d’une Contât.

Parmi les personnes de Paris qui dirigent le mieux le comfort, c’està-dire avec mesure et éclat , nous citerons M. le comte de Rambuteau. Ses appartements particuliers, à l’Hôtel-de-Ville, sont commodes et brillants : ses salons , ses galeries de réception , magnifiques. Les salles de bal surtout sont des merveilles dignes de Paris. Toute la société étrangère et distinguée , qui se trouve l’hiver à nos foyers, y est invitée avec empressement. Ils sont décorés de peintures que répètent les glaces de Saint-Gobain multipliées. — Les meubles , les divans , les consoles , les courtines , les lambrequins en velours , en brocatelle, achèvent de décorer ces salons modèles, qui ne peuvent être surpassés dans aucune position aristocratique de l’Europe.

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