‹ Les classiques de la tableChapitre 150 sur 282 · MOUSSELINE · texte numérisé non relu

MOUSSELINE

La mousseline française est plus que jamais digne de ses origines ottomanes. Ce léger fil de coton , à la fois souple , clair , doux à la vue, embellit toutes les jeunes femmes, les demeures de tous les rangs et se trouve dans toutes les parties du luxe délicat. — La mousseline, dans sa merveilleuse souplesse, se prête à tout ce qu’on désire d’elle; unie, rayée, brochée, brodée, blanche comme l’albâtre ou teinte des plus gracieuses couleurs, elle est tour à tour bandeau, voile, robe, rideau, store, au gré de ceux qui l’emploient; là limpide comme la gaze , ici fouillée par l’aiguille de la brodeuse , comme les dentelles les plus riches. — Qu’elle entoure légèrement un lit, se mêle aux décorations intérieures des demeures princières, ou s’attache aux carreaux de la mansarde , elle contente toutes les fantaisies. Elle reçoit des dessins, fleurs, corbeilles, oiseaux, rubans, feuillages, arabesques. La broderie en est souvent si fine , si délicatement traitée , qu’on dirait que ses ciselures achevées sont l’œuvre de quelques artistes du Céleste-Empire.

La mousseline semble avoir gagné depuis qu’elle a été si bien portée par mesdames de Boufflers, d’Egmont, Récamier, par cette belle madame Capon , si applaudie dans les cercles politiques du Directoire, et dont la coquetterie était vraiment classique, grecque.

L’exposition dernière des produits de l’industrie a étalé la mousseline dans toute sa splendeur, sous la forme de stores d’une magnificence inouïe. L’or, dans quelques-uns, s’est mêlé au colon pour produire les effets les plus piquants et des broderies décoratives dont nous n’avions aucune idée.

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