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DESCRIPTION DU COUVERT DE VERMEIL DU DESSERT

Cuiller. — Le cuillcron est arrondi, comme dans les cuillers d’argent ; il est d’argent lui-même , poli et brillant comme l’acier. La tige en vermeil , chargée de rinceaux capricieusement découpés , est plus riche encore que ceux des cuillers d’argent. — La spatule se divise en trois cartels distincts; celui du centre contient la lettre héraldique R ; du plus élevé se détache en saillie une tête de femme ; le cartel inférieur offre une coquille sur laquelle pend un bouquet de fleurs.

Les mêmes ornements et les mêmes détails sont répétés pour les fourchettes.

Couteau. — On en compte cent , dont cinquante à lame d’acier et cinquante à lame d’argent. La lame de ces couteaux ne diffère point, quant au profil, de celle des couteaux du service d'argent ; elle s’enchâsse également dans une mitre de vermeil d’une admirable ornementation. Des enfants en ronde bosse qui , grimpés sur des branches feuillues, se poursuivent, forment une échelle sans fin; la branche, à son extrémité, présente le chiffre abrité par des ornements en relief.

La cuiller à café , même style que la cuiller du dessert , est délicate et finement ajustée au bout de sa tige élégante et frêle. On dirait que ces cuillers sont destinées à des sylphides ; les doigts n’en peuvent apprécier le poids.

— Nous ne pouvons donner ici que le plan du surlout resté inachevé de M. le duc d’Orléans, dont Chenavard avait si heureusement relié toutes les parties. Plusieurs de ses divisions ont servi : c’est que

chaque division est un tout. Nous regrettons que les matériaux nous manquent pour en donner une idée générale par un dessin. Nous nous bornerons à ce petit bois, qui retrace, dans le plus petit espace, le plan linéaire de ce précieux travail. Les parties terminées, d’après les dessins de Chenavard, et d’après les modèles de Barye, ont déjà une grande valeur. — Les artistes les plus distingués de l’époque ont été employés aux dessins de ce dessert. — Ce service a une splendeur toute royale. Les candélabres renaissance ont toute la hère beauté de l’antique. Ce bel ouvrage a inspiré des diminutifs charmants, ainsi le service de dessert de madame de Rotschild, dont nous venons de parler. Le surtout de M. le duc d’Orléans peut être , dans un service usuel , réduit à huit couverts avec un temple au milieu, un bout et deux côtés, en tout, trois morceaux. Le temple doit être simple. — Ce déploiement d’élégance dans l’argenterie a inspiré encore le beau service de thé de M. Auguste Lebrun.

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