‹ Les classiques de la tableChapitre 158 sur 282 · ARGENTERIE DU DEUXIÈME SERVICE · texte numérisé non relu

ARGENTERIE DU DEUXIÈME SERVICE

4 plats ovales pour les bouts et les flancs.

4 idem d’une moindre dimension pour les rôts, s’adaptant aux cloches du premier service.

8 coupes pour les entremets, 4 en argent pour les légumes. Les pieds (des coupes) forment les boules.

Et 4 coupes en cristal montées en argent pour les entremets de sucre. Il faut rattacher des doublures aux 4 coupes d’argent et à la moitié des plats d’entrées; les coupes de crislal se monteront et se démonteront facilement.

2 huiliers et leurs carafes en cristal.

4 moutardiers, style même de l’argenterie.

16 salières doubles.

32 plateaux pour les carafes de vin et d’eau.

36 hatelets d’argent.

8 seaux pour le vin de Champagne.

Tout le premier service se fait en assiettes d’argent; il faut en calculer le nombre par celui des mets et par celui des convives. Les potages se servent toujours sur des assiettes de porcelaine.

— Le philosophe est bien calmé, celui du moins qui est resté dans l’action de la vie, quand il songe que toutes ces élégantes superfluités sont nécessaires à nos meilleures industries , à la richesse nationale ,

et qu’il y a dans le mouvement souvent arbitraire qui distribue les fortunes de nombreuses chances de possession de ce bien-être pour les esprits actifs , sensés , persévérants. Toutes ces formes d’élégance constituent un travail continu, sans lequel notre société ne serait que maladies morales, déchirements. Il faut des jours paisibles pour développer tous les progrès. Les époques qui se livrent à ces diversions d’un travail infini les obtiennent seules. La raison politique qui fait aimer toutes ces choses doit rendre indulgent. Les sociétés civilisées ont cela de bon , qu’elles n’imposent pas leurs habitudes aux sages , qu’elles laissent faire les opinions éclairées qui, en définitive, obtiennent raison de ce qui est incommode ou nuisible. Ce chapitre du comfort n’est sérieux que pour la portion que l’on désirera.

— La course de Paris au Havre, en été, est une distraction délicieuse; c’est un moment de suspension fort doux pour les personnes jetées dans les travaux d’une carrière active. Sans fatigue , on arrive à Rouen , comme par enchantement , pour déjeuner chez Mériotte , dîner au Havre et déjeuner le lendemain à Honfleur. Cette manière

SUITE DU COMFOPtT DE PARIS.

de course convient encore si l’on veut n’arriver à Rouen que quelques instants avant le dîner. IM. Mériotte, du Café de France , est là

(Café de France, à Rouen.)

avec sa cuisine exquise , sa vieille cave défiant la fantaisie et le goût des plus délicats connaisseurs, offrant aux familles, dans ses élégantes

(Hôtel de France, à Rouen,)

386 COUFOllT, DESSIN,

et tranquilles salles, ce comfort parfait , d’autant plus aimable qu’il est offert sur une petite échelle encore plus commode et plus vraie que scintillante, plus méditée qu’originale, plus riche de soins judicieux que d’éclat. L’appétit trouve ici une des bonnes tables de Normandie à laquelle Carême a donné un cachet dès son début. V Hôtel de France , qui appartient à une société composée des premiers propriétaires de la Normandie , est une annexe du Café de France. Ses appariements sont rajeunis et ont un charme de forme, une disposition dont la commodité ne peut guère être dépassée. Vous êtes ici, tout l’indique, dans une bonne demeure qui remonte à d’anciens et d’heureux jours : le passé y est associé au présent. Vous avez son souvenir, son reflet et en même temps l’élégance actuelle; ces cours, spacieuses et claires, qui tenaient au peu d’élévation des anciennes demeures; vous avez de plein pied, avec le premier étage, un de ces charmants jardins découverts où le soleil se joue au milieu des plus belles plantes. Voilà une bonne station , une parfaite hôtellerie ! Les jeunes gens qui veulent occuper leurs loisirs, comme on les occupe à Paris dans le monde, trouvent là un divan où la causerie est facile.

Ou peut courir ensuite au Havre, où l’élégant restaurant de madame Laiter continue ses traditions de la rue de Rivoli, à Paris,

(Restaurant de madame Laiter, au Havre.)

aux plus beaux moments de la Restauration. Ici la station n’a pas moins de prix. La table est également fine et supérieure, et la vue de la mer, du milieu de la place du Théâtre, de toutes les voiles qui remplissent le port, donne à cette maison un aspect de vie et d’ori-

ginalité que les voyageurs rencontrent avec charme. Le soir, Frascati leur ouvre ses salles de concert, ses jardins, et les mêle à une société d’élite, qui se compose d’Anglais, de Russes, de Parisiens, d’affluents mondains des élégantes demeures de Grosvenor-Street, de la perspec tive de Newski et du boulevard des Italiens, désireux de quelques jours de loisir et de far-niente méditatif.

Paris développe ses belles promenades par ce voyage de quelques heures. Le chemin de fer y rattache, pendant la belle saison, tous les agréments de la campagne et du séjour au bord de la mer.

M. le docteur Réveillé-Parise, qui a écrit de si excellentes pages sur l’hygiène des hommes voués aux travaux du cabinet, sur les hommes d’Ètat, les administrateurs, sur les goutteux , est au moment de publier un volume intitulé : Étude de V homme dans Vêtat de santé et Vêtat de maladie. C’est un travail qu’on peut recommander d’avance aux esprits studieux qui désirent connaître tout ce qu’on sait sur notre organisme. (Chez Dentu , Palais-Royal.)

La maison Jacquesson , de Châlons-sur-Marne, célèbre depuis près d’un demi-siècle, par ses remarquables assortiments de toutes les espèces de Champagne , est encore aujourd’hui la maison qui fait les plus grands envois à l’extérieur ; elle ne vend que du Champagne. C’est exclusivement sa spécialité. On cite aujourd’hui son Sillery, son Bousi, sa crème de Bousi de 1842. En 1842, année féconde poulie Champagne, pour les premières qualités, elle a acheté toutes les récoltes importantes, de rang. Cette circonstance même avait déterminé une grande émeute dans le pays. Ses vins partent journellement pour l’Amérique, l’Allemagne, la Pologne, la Russie. Les immenses caves de la maison Jacquesson sont situées à la porte de Châlons. On les a creusées dans la montagne , au bord de la Marne. Plus de trente voitures à huit chevaux y circulent continuellement. Le raisin est pressé dans ses caves, où travaillent constamment plus de cinq cents ouvriers. M. Jacquesson succède à son père, qui a jeté les fondements de ce grand commerce. C’est un homme jeune et des plus intelligents. Les <» classiques » de tous les pays doivent une estime particulière aux bouteilles qui portent son cachet, sa signature.

— Au nombre des maisons de Paris qui puisent aux meilleures sources, des plus riches en toutes qualités, — nous citerons les maisons Joubert, succursale des maisons Barton et Guêstier de Bordeaux, des grandes maisons de la Champagne. Ses vins sont surtout des vins d’élite; sa spécialité est le Bordeaux des crus les plus réputés, Château-Margaux, Lafitte, Léoville. — M. Joubert est un fin appréciateur; il a une longue expérience et a dirigé les plus belles cultures de

vignes à Bordeaux. Les connaisseurs lui doivent un écrit très-remarquable sur les vins de France (il fait partie du Conservateur de feu Appert, 5e édition), dont les qualités s’y trouvent définies, le pourquoi de chacune est révélé. Nulle part encore on n’explique mieux les soins que réclame la conservation des vins.

— MM. Bouchard père et fils, de Beaune, reçoivent les commandes des meilleures maisons du monde gourmand. La réputation de leurs crus est très-ancienne, traditionnelle, et se justifie par toutes les qualités, finesse, franchise, bouquet.

— M. L. Leclerc, qui retrace dans le Constitutionnel avec tant de clairvoyance le mouvement industriel de notre pays , a écrit sur tous les vins une cinquantaine de pages que nous recommandons aux connaisseurs. Tout le sujet, tous ses traits intéressants sont réunis là. Cet écrit solide et plein de charme mérite d’étre recherché par les personnes du monde dont les notions en vins ne seraient pas suffisamment précises. (Voir dans le Conservateur de M. Appert, la suite du travail de M. Joubert. )

La grande industrie de Paris , des toiles , des draperies , des tapis , de la mousseline , de toutes les étoffes splendides , qui s’est élevée à un rang unique sous l’influence des Oberkampf , des Richard-Lenoir, compte des négociants éminents : les chefs du Gagne-Petit, — du Pauvre Diable, — du Petit Saint-Thomas; — MM. Chevreux et Legentil, rue Poissonnière. Elle livre en ce moment une grande bataille , que nous comprenons moins dans cette lutte des prospectus que sur le champ de l’exposition des produits de l’Industrie. Mais la clientèle ne peut pas aller au tumulte, à tous ces magasins qui ressemblent à des halles ; elle est fidèle , on le voit déjà , aux établissements bien proportionnés. Ceux-là seuls servent avec conscience, seuls ils ont du goût; ce n’est que pour eux qu’un client, une famille ont de l’importance. Si ces grandes salles de vente finissaient par remplacer les magasins spéciaux, les qualités essentielles du commerce des nouveautés disparaîtraient : le goût , un soin égal dans tous les détails. — Le premier magasin pour nous est celui qui a les étoffes les mieux choisies , qui peut offrir en garantie une vieille parole probe , qui s’occupe de chacun en particulier au lieu de s’occuper à la fois de tout le monde. Tout ce luxe qui s’agite n’efface pas les souvenirs qui n’ont pas cessé de vivre j dans l’opulente richesse de quelques mémoires. » four nous donc, les meilleurs magasins de Paris, en ce genre, sont ceux de MM. Delille, rue de Choiseul , de MM. Chambellan , rue Montmartre , du Petit Saint-Thomas, rue du Bac, des Deux- Magots, rue de Bussy.

Page 1