EXTRAIT DU PALAIS DE SCAURUS
Le soleil allait disparaître sous l’horizon; déjà ses rayons ne pénétraient plus dans les cours du palais, dont le faîte seul était coloré d’une lumière rougeâtre. Une clepsydre représentant une statue qui , avec sa baguette , indiquait les heures sur un cadran , fit entendre tout à coup le son d’une trompette, suivi de dix Goups de marteau , ce qui annonça la dixième heure. On se met ordinairement à table un peu plus tôt dans cette saison ; mais Scaurus a pour règle de ne prendre son repas qu’à la chute du jour. Comme nous allions passer la porte de l’antisalle qui précède le triclinium, un enfant, placé là exprès, nous avertit d’entrer du pied droit pour ne point apporter de fâcheux augures. Aussitôt que nous eûmes été introduits., des esclaves nous ôtèrent nos bragues, nos sayons rayés à la gauloise, et nous revêtirent de robes fort belles , destinées uniquement aux repas. Nous entrâmes dans le triclinium : à peine assis , des esclaves égyptiens nous versèrent de l’eau froide sur les mains; tandis que d’autres, nous ayant ôté nos sandales , se mirent à nous laver les pieds et à nous nettoyer les ongles , quoique l’on nous eût déjà fait au bain la même opération. Le triclinium , ou salle à manger, est d’une longueur double de sa largeur , et comme partagé en deux. La partie supérieure est occupée par la table et les lits ; la partie inférieure reste libre pour le service et le spectacle. Autour de la première, les murs sont ornés, jusqu’à une certaine hauteur, de tentures de prix. La décoration du reste de l,a salle est noble, et en même temps analogue à la destination de cette pièce : les colonnes , entourées de lierre et de pampres , divisent les parois en compartiments bordés d’ornements capricieux ; au centre de chaque panneau on a peint, avec une grâce admirable, de jeunes faunes ou des bacchantes demi-nues portant des thvrses , des vases, des coupes et tout l’attirail des festins. Au-dessus des colonnes règne une large frise divisée en douze tableaux ; chacun d’eux est surmonté d’un des signes du zodiaque, et représente les mets que l’on recherche le plus dausles mois auxquels se rapportent ces signes : en sorte que l’on a peint sous le Sagittaire des crevettes de mer, des co-
TRICLINIUM
quilJages et des oiseaux de passage; sous le Capricorne, des homards, des poissons de mer, un sanglier et du gibier des bois ; sous le Verseau , des canards , des pluviers , des pigeons et des râles d’eau , etc.
Des lampes de bronze, suspendues par des chaînes demê me métal, ou supportées par des candélabres d’un travail précieux , répandaient une vive lumière ; des esclaves préposés à leur entretien avaient soin d’en couper les mèches de temps en temps, et veillaient à ce qu’elles ne manquassent point d’huile.
La table , faite de bois de citre tiré du fond de de la Mauritanie , et que l’on préfère à l’or, reposait sur des pieds d’ivoire ; elle était recouverte d’un plateau d’argent massif, du poids de cinq cents livres, orné de ciselures et d’anaglvphes. Les lits triclinaires, qui peuvent contenir trente personnes, étaient de bronze, enrichis d’ornements en argent, en or pur et en écaille de tortue mâle; les matelas, de laine des Gaules teinte en pourpre ; les coussins précieux , rembourrés de plumes , étaient recouverts de tapis émaillés de différentes couleurs , tissus et brodés de soie mélangée avec des fils d’or. Chrysippe nous apprit qu’ils avaient été fabriqués à Babylone, et qu’ils coûtaient quatre millions de sesterces.
Le pavé en mosaïque représentait , par un singulier caprice de l’artiste , toutes sortes de débris de repas , comme s’ils fussent tombés naturellement à terre; de façon qu’au premier coup d’œil il semblait n’avoir point été balayé depuis le dernier festin. Aussi le nommait-on, à cause de cela , asuritos œcos. Au fond de la salle , on avait étalé des vases d’airain de Corinthe. Ce triclinium, le plus grand des quatre que Scaurus a dans son palais , pourrait contenir facilement une table de soixante lits , mais il réunit rarement un aussi grand nombre de convives ; et lorsque dans les grandes occasions il donne à manger à cinq ou six cents personnes , c’est dans l’atrium qu’il les reçoit. Cette salle à manger est réservée pour l’automne , l’hiver et le printemps ; les Romains se font un sujet de volupté de la diversité des saisons. Le service est réglé de manière qu’il y a pour chaque triclinium un grand nombre de tables de différents genres , et chaque table a ses vases , ses plats et ses valets particuliers.
Les convives arrivaient successivement; Chrysippe me fit remarquer l’air d’impatience de plusieurs d’entre eux. « Voyez, me dit-il, avec quel empressement accourent ces parasites et ces ombres , compagnons assidus de ceux qui dissipent leur bien. Je crois que ce fut pour eux qu’on défendit au sénat de traiter aucune affaire passé la dixième heure, et que l’on convint qu’un sénatus-consulte fait à l’heure du repas du soir n’aurait point force de loi. Aussi ces gourmands effrénés iraient, s’il leur était possible , éteindre le soleil pour souper une heure phis tôt. »
SOLVEMUS.
.En attendant la venue du maître de la maison, de jeunes esclaves entrèrent en chantant et répandirent sur le pavé de la sciure de bois teinte de safran et de minium mêlée à une poudre brillante faite avec de la pierre spéculaire.
Enfin Scaurus, qui s’était arrêté un instant dans son appartement pour se reposer, ainsi qu’il a coutume de le faire après le bain , arriva au son des flûtes. « Je n’invite ordinairement , dit-il, mes amis à ma table qu’en nombre égal à celui des Grâces ou des Muses ; mais comme aujourd’hui il s’agit de fêter la bienvenue de ces aimables étrangers , pour les honorer davantage j’ai réuni le plus de personnes qu’il m’a été possible. Prenons place , et livrons-nous à la joie , sans calculer ni le nombre des convives, ni la rapidité des heures. » En disant ainsi, Scaurus s’étendit sur le lit du milieu ; en nous donnant près de lui la place d’honneur, qui se trouve à l’extrémité de ce même lit. A nos pieds étaient de jeunes esclaves prêts à obéir à tous nos ordres. Comme nous sommes étrangers, nous n’avions point apporté de serviettes; celles qu’on nous donna étaient tissues, ainsique la nappe, d’une espèce de lin incombustible qu’on jette au feu pour le blanchir.
Lorsque tout le monde eut pris place , on présenta des couronnes de fleurs artificielles aux convives ; ceux qui les distribuaient chantaient au son de la lyre :
« Que chacun se pare de myrte vert et des fleurs que le printemps fait éclore. »
Chrysippe m’apprit que les colliers et les couronnes de fleurs dont on fait usage dans les festins avaient pour but utile de prévenir l’ivresse, en neutralisant les vapeurs du vin. « C’est , me dit-il, ce qui rend ces couronnes artificielles plus ridicules encore que le prix excessif qu’on y met ; car ces fleurs , faites de matières mortes et inodores, ne peuvent avoir aucune vertu , et même les parfums empruntés dont elles sont imprégnées deviennent quelquefois nuisibles à la santé. »
Je ne te ferai point, cher Ségimer, la description détaillée de tout ce qui nous fut servi : la multiplicité, la variété des plats exquis dont la table fut couverte à plusieurs reprises te sembleraient presque fabuleuses. Cependant je ne peux m’empêcher de le nommer quelquesuns des mets qui m’ont le plus étonné , et qui peuvent le donner une idée du luxe des tables romaines. L’on offrit successivement aux convives des œufs d’autruche farcis avec des jaunes d’œufs de paon qui recélaient un becfigue comme si c’eût été le fœtus déjà formé ; des ventres de truie, des jambons apportés d’Espagne, des lièvres singulièrement ornés d’ailes , de manière à représenter des animaux extra ordinaires; des paons étalant leur riche plumage, et que l’insatiable sensualité des Romains est allée chercher au delà du Phase , dans des
TRICLINIUM
contrées défendues jusqu’alors par la terreur qu’inspire tout ce qu’on raconte de ces pays éloignés; des grues, manger détestab’e, mais que l’on sert par ostentation à cause de la difficulté qu’on éprouve à se procurer ces oiseaux voyageurs dans cette saison. On nous présenta aussi des volailles et des poissons faits de chair de verrat , et si bien imités que l’œil y était trompé. On apporta au second service un énorme sanglier tout entier ; il renfermait, non des guerriers, comme le cheval de Troie , mais des grives en vie , qui prirent leur vol dès qu’on eut ouvert l’animal dont les flancs leur servaient de prison. Scaurus et Chrysippe me donnaient les détails les plus curieux sur tout ce qui composait le festin. Ils me firent remarquer un plat énorme fait de seules langues d’oiseaux. Je goûtai successivement des foies d’oies grasses , des foies de mustela qu’ils vont pécher jusqu’en Rhélie , dans le lac de Constance ; des scares, pris sur les côtes de l’Asie mineure , et dont on ne mange que les intestins. On me montra d’énormes murènes , poissons pour lesquels les Romains ont une passion singulière. Enfin , le dernier plat dont on me fit les honneurs contenait trois barbeaux. Je réfléchissais sur la singulière destinée de ce poisson , venu comme moi des côtes de l’océan Occidental , lorsque Scaurus , se penchant de mon côté , m’apprit que , pour leur donner cet excellent goût qui flattait si agréablement le palais , on les avait fait mourir dans du garum. « Ce n’est pas tout, me dit Chrysippe à voix basse, il y a quelque chose qui les rend bien meilleurs encore ; c’est que ces trois poissons , qui pèsent à peine deux livres chacun , ont coûté trois mille sesterces ! Ce ne sont pas cependant les plus chers ; on en servit un , l’autre jour, chez Crispinus, qui coûtait à lui seul six mille sesterces. Il y a tel poisson d’élite qui se vend à Rome plus qu’un beau taureau de sacrifice. » Mais c’est prolonger trop longtemps celte énumération , que j’aurais voulu t’épargner. Continuons plutôt à te tracer le tableau animé que présentait la salle du festin.
Un esclave , placé en face de Scaurus, dans l’espace laissé vide pour le service, découpait les viandes avec adresse. Son maître, par une gentillesse bouffonne , lui a donné le nom de Tranche ; de manière que du même mot il l’appelle et lui ordonne.
Divers domestiques égyptiens portaient sur des plateaux d’argent, autour de la table , des pains ornés et ciselés agréablement. De jeunes échansons, la fleur des esclaves de l’Asie, versaient à la ronde diverses qualités de vins contenus dans des vases de cristal. Ces vins parfumés étaient rafraîchis et tempérés avec de la neige; car les voluptueux Romains boivent les frimas au cœur de l’été, et font pendant l’hiver provision de froid pour le reste de l’année. Sur les vases étaient écrits l’époque et le nom du terroir qui vit naître les vins précieux que Scaurus nous invitait à ne point ménager.
SOUVENIRS
« Esclaves , versez , disait-il ; versez en l’honneur de la lune nou- » velle, en l’honneur de ces étrangers!.. Que celui de nous qui est » livré au culte des Muses vide sa coupe à neuf reprises; pour moi, » je bois la mienne en l’honneur des Grâces... O mes amis, buvez, » c’est du falerne recueilli du temps qu’Opimius était consul ; aucun » de nos vieillards n’a vu ce consulat : ainsi l’existence de l’homme ne » peut égaler en durée celle du sucvolatil de la vigne ! Ah ! que du moins » notre amitié ressemble à cette généreuse liqueur, et qu’en vieillissant » chaque année elle nous devienne plus douce et plus précieuse ! » Nous répondîmes à cet aimable vœu en vidant nos coupes. Les nôtres étaient d’or et entourées de pierres précieuses; celle de Scaurus était d’un plus grand prix encore et faite de murrhin , matière aussi inconnue à ceux qui s’en servent que les régions d’où ce vase fut apporté. Les convives du troisième lit et les ombres n’avaient que des coupes de verre.
De temps en temps Scaurus se levait pour changer de robe , et m’obligeait à faire de même dès que la transpiration commençait à communiquer à mes vêtements une légère moiteur ; car la grande quantité de personnes rassemblées dans la salle , les lampes , les mets brûlants qui couvraient la table , et surtout la chaleur ordinaire de la saison ou nous sommes, élevaient la température du triclinium à un degré excessif. Pour obvier à ce qu’une atmosphère aussi chaude peut avoir de pénible , deux jeunes filles, à demi couchées à nos pieds, agitaient autour de nous des éventails de plumes de paon.
J’étais émerveillé de tant de luxe, de magnificence et de recherche voluptueuse , lorsque tout à coup le plafond de la salle s’ouvrit avec un craquement affreux. Je voulus fuir , mais l’on me retint ; et j’eus une grande confusion de mon épouvante en voyant descendre du plancher un service nouveau, qui surpassait tous les autres en profusion et en délicatesse. A peine fut-il placé sur la table qu’un jeune funambule se mit à voltiger sur une corde tendue au-dessus de nos têtes, et je ne saurais dire si j’éprouvai autant de plaisir que d’effroi en le voyant prendre toutes sortes de positions périlleuses qui me faisaient craindre à chaque instant pour sa vie.
Cependant, durant les intermèdes de ces spectacles , la conversation se soutenait agréablement. Scaurus et les convives les plus voisins agitaient diverses questions de politique , de philosophie ou d’histoire naturelle; on m’interrogea sur ce qui concerne notre pays, et, comme ma timidité augmentait pour moi de parler une langue qui ne m’est point familière, Chrysippe me servit d’interprète, et expliquait avec élégance ce que je lui disais avec peine et embarras. Pendant ce temps, des jeunes gens placés à l’extrémité des second et troisième lits s’amusaient à lancer des pépins au plafond de la salle , et ceux qui
TlUCLIiM LIM • 475
réussissaient à toucher le but recevaient de bruyants applaudissements.
Bientôt on introduisit trois jeunes et belles esclaves espagnoles , vêtues de tuniques courtes faites d’une étoffe blanche et légère ; elles chantèrent en s’accompagnant de la lyre , et exécutèrent ensuite des danses lascives. Ces voluptueuses Gaditanes furent remplacées par de jeunes hommes armés , auxquels on donne le nom d’homéristes. Ils nous racontèrent combien la colère d’Achille fut douloureuse et funeste aux Grecs. Je témoignais ingénument à Chrysippe tout ce que ces divertissements avaient d’agréable et de nouveau pour moi. « Veuillent les » dieux me répondit-il , que Scaurus se contente de ces innocents dé- » lassements , et n’ensanglante point ce festin par quelque combat de » gladiateurs, pour lesquels il a une passion féroce. On se plaît à Rome » à mêler quelquefois l’horreur du carnage à la joie des orgies ; et *> cela ne doit point vous étonner, car vous avez dû vous apercevoir, » depuis que vous vivez avec les Romains , combien l’habitude des » voluptés, en même temps qu’elle énerve l’esprit, endurcit le cœur » et le porte à la cruauté. » Ces mots me glacèrent d’horreur; je jetais à chaque instant les yeux vers la porte dans la crainte de voir entrer quelques-uns de ces êtres dégradés , qui font un métier de tuer et de mourir pour l’amusement de quiconque daigne leur payer le sang qu’ils perdent et qu’ils font couler. Heureusement que Scaurus nous épargna cet horrible genre d’amusement. Il fut remplacé par des mimes qui voltigeaient autour des tables , et dont les bouffonneries obscènes réjouirent beaucoup les convives.
Mais, à un signe du maître , on remit avec empressement de l’huile dans toutes les lampes , et les tricliniarques répandirent de nouveau en grande abondance de cette arène colorée dont on avait couvert le pavé dès le commencement du festin : tout à coup une musique harmonieuse donna le signal ; de jeunes palestrites , légèrement vêtues , entrèrent deux à deux en chantant en chœur, puis, après avoir quitté leurs tuniques et s’être frottées d’huile à la manière des athlètes , elles se mirent à lutter entre elles. Ce spectacle transporta tout le monde ; et j’avoue que si au premier moment il me fit baisser les yeux et rougir, je sentis bientôt au trouble de mon cœur qu’il avait véritablement quelque chose d’enivrant dont je ne pus me défendre.
Ces intermèdes n’empêchaient point les esclaves de remplir à chaque instant nos coupes ; et déjà la joie des convives commençait à devenir bruyante. « Voyez, me dit Chrysippe, cet homme qui avale les flots de vin qu’on lui verse, comme Charvbde engloutit les flots de la mer; ce buveur forcené s’appelle Tibérius, mais on lui a donné par plaisanterie le nom de Bibérius. Vous ne devineriez jamais de quel épouvantable artifice il use pour s’exciter à boire ; il a recours au poi-
SOUVENIRS
son ! Avant de se mettre à table , il prend de la ciguë ; afin que la crainte de la mort l’oblige à boire outre mesure , le vin étant le plus puissant antidote de ce suc vénéneux. Avouez que c’est pousser l’ivrognerie jusqu’à l’héroïsme! Apercevez-vous là-bas le fils de Cicéron, si peu digne de son père ? Regardez son énorme coupe; elle tient deux conges : eh bien, il la vide quelquefois d’un seul trait! Ceux que vous voyez se lever de temps en temps sont des buveurs de courte haleine, qui violent les lois bachiques ; car il est de règle de ne point quitter la table : mais chez Scaurus on a toute liberté , et même il y a près de cette salle un lieu où sont préparés des vases d’eau fraîche , des bassins , et autres ustensiles nécessaires ; c’est là que ces éhontés sectateurs de Bacchus vont en chancelant se délivrer du dieu qui les obsède. Quelques-uns s’en débarrassent en vomissant ; puis, semblables au serpent qui , tombé dans un tonneau , boit et vomit , ils reviennent boire pour retourner vomir encore. Croiriez-vous que ces éponges vivantes appellent cela profiter du temps et jouir de la vie!»
Cependant Scaurus, s’étant fait apporter un vase qui contenait trois conges, le remplit d’un vin miellé, parfumé de nard , qu’on avait fait naviguer pour le rendre meilleur. Il prit ensuite une couronne de roses naturelles qui surmontait l’énorme cratère, et, l’ayant effeuillée dans le vase même, il s’écria : Buvons les couronnes; puis il porta ses lèvres au bord du vase, et le fit circuler ensuite de main en main parmi les convives. C’est ce qu’on appelle ici la coupe de l’amitié.
Enfin le chant aigu d’un coq du voisinage annonça l’approche de l’aurore ; ce fut le signal de la retraite. Apres avoir salué Scaurus en lui disant : « Les dieux te soient propices! » chacun de nous partit à la lueur des flambeaux. Les esclaves refermèrent sur nous la porte de l’atrium , et nous sortîmes du palais de Scaurus.
MazoiS.