‹ Les classiques de la tableChapitre 200 sur 282 · LADY MONTAGUE · texte numérisé non relu

LADY MONTAGUE

Au temps où je parle, les gens de lettres ou les bas-bleus , comme on les appelait communément, formaient, au milieu de Londres, une phalange très-nombreuse, très-puissante et très-serrée. Les deux ouvrages que j’avais récemment publiés, l’un sur les royaumes du nord de l’Europe , l’autre sur l’histoire de France sous la race des Valois , quelque peu de mérite qu’ils pussent avoir, me facilitèrent et me procurèrent mon admission dans cette société. Mistress Montague était alors la madame du Delîant de ja capitale de l’Angleterre. Sa maison formait le point central de réunion pour toutes les personnes déjà connues ou qui désiraient de l’être par leurs talents et leurs productions. Sa suprématie, différente de celle de madame du Deffant, était établie sur des fondements plus solides; elle s’appuyait sur des matières plus palpables qu’aucune de celles que Shakspeare lui-même eût pu lui fournir. Quoiqu’elle n’eût pas encore commencé à faire bâtir le splendide hôtel qu’elle habita depuis près de Portman-Square , elle occupait une maison fort élégante dans Hill-Street. Sans doute, d’après sa connaissance du monde, fortement convaincue de cette grande vé-

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