ANECDOTE SUR LE VIEUX POISSON
On sait que, sous le régime monarchique, les comédiens français, pensionnaires du roi , allaient chaque semaine jouer deux fois à Versailles. Ils en repartaient aussitôt après le spectacle ; mais un très-bon souper, préparé par ordre du monarque , les attendait à Sèvres : c’est là qu’ils se reposaient quelques heures, et qu’ils commençaient à respirer cet air de gaieté et de liberté qui , dans aucun temps, n’a été là température de la cour. On a connu le vieux père Poisson , qui , dans les Crispins qu’il a créés en quelque sorte, a laissé une réputation que la gloire de Préville a pu seule éclipser, mais non détruire. C’était de plus un excellent homme , mais un intrépide buveur ; car, dans ces