DE LA. MAIGREUR
à l’ordinaire; j’obtins d’elle qu’elle se reposerait pendant deux contredanses; et , mettant ce temps à profit , j’en reçus l’aveu que , fatiguée des plaisanteries de quelques-unes de ses amies qui lui annonçaient qu’avant deux ans elle serait aussi grosse que saint Christophe, et, aidée par les conseils de quelques autres, elle avait cherché à maigrir, et, dans cette vue, avait bu pendant un mois un verre de vinaigre chaque matin; elle ajouta que jusqu’alors elle n’avait fait à personne confidence de cet essai.
Je frémis à cette confession; je sentis toute l’étendue du danger, et j’en fis part dès le lendemain à la mère de Louise, qui ne fut pas moins alarmée que moi; car elle adorait sa fille. On ne perdit pas de temps ; on s’assembla, on consulta, on médicamenta. Peines inutiles! les sources de la vie étaient irrémédiablement attaquées; et , au moment où on commençait à soupçonner le danger, il ne restait déjà plus d’espérance.
Ainsi, pour avoir suivi d’imprudents conseils, l’aimable Louise, réduite à l’état affreux qui accompagne le marasme , s’endormit pour toujours , qu’elle avait à peine dix-huit ans.
89. ceinture anti-obésique. — Tout régime anti-obésique doit être accompagné d’une précaution que j’avais oubliée, et par laquelle j’aurais dû commencer : elle consiste à porter jour et nuit une ceinture qui contienne le ventre , en le serrant modérément.
La ceinture qui sert à indiquer qu’on est suffisamment repu doit être faite avec quelque soin , sa pression doit être à la fois modérée et toujours la même , c’est-à-dire qu’elle doit être faite de manière à se resserrer à mesure que l’embonpoint diminue.
On n’est point condamné à la porter toute la vie; on peut la quitter sans inconvénient quand on est revenu au point désiré , et qu’on y a demeuré stationnaire pendant quelques semaines. Bien entendu qu’on observera une diète convenable. 11 y a au moins six ans que je n’en porte plus.
MÉDITATION XXII