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UNE JOURNÉE CHEZ LES BERNARDINS

Il était près d’une heure du matin ; il faisait une belle nuit d’été, et nous étions formés en cavalcade , non sans avoir donné une vigoureuse sérénade aux belles qui avaient le bonheur de nous intéresser ( c’est vers 1782).

Nous partions de Belley, et nous allions à Saint-Sulpice , abbaye de Bernardins située sur une des plus hautes montagnes de l’arrondissement , au moins cinq mille pieds au-dessus du niveau de la mer.

J’étais alors le chef d’une troupe de musiciens amateurs, tous amis de la joie et possédant à haute dose toutes les vertus qui accompagnent la jeunesse et la santé.

« Monsieur, m’avait dit un jour l’abbé de Saint-Sulpice , en me » tirant , après dîner, dans l’embrasure d’une croisée , vous seriez

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