VI QUELQUES EXPLICATIONS PRELIMINAIRES
non plus du piquant si explicite de ses méditations. Je le vois assis au milieu d’un groupe de cinq ou six personnes dans la librairie de madame Goulet (ancienne galerie de bois), — écoutant plutôt que prenant part à quelque conversation animée comme son récit écrit en donne l’idée. M. Brillat-Savarin , mort le 2 février 1826, était né le 1er avril 1755 à Bellev, petite ville située au pied des Alpes ; il avait fait partie de l’Assemblée constituante , s’était réfugié tour à tour, pendant la terreur, en Suisse et en Amérique et était revenu en France en septembre 1796. Sa vie historique ne compte réellement que par ce charmant livre de la Physiologie du Goût \
Berchoux n’était, suivant M. de Cussv, qu’un homme de lettres sensé et spirituel. C’était là son trait saillant. — Sa conversation était bienveillante et douce , un peu maigre ; il a été vite au bout de sa veine. Tout ce qu’il a publié à part ta Gastronomie est loin d’avoir continué ses premières inspirations. Homme doux , ami de la paix et du pouvoir, il a servi la Révolution et l’Empire dans une justice de paix, et la restauration dans la censure , et tout cela avec bienveillance et dignité. — Voilà le fond de sa carrière. Mais son poème , si gai et si spirituel , attache à son nom une célébrité brillante. Il est mort il y a environ cinq ans, tout à fait oublié personnellement, à Marcigny (Saôneet-Loire), le 17 décembre 1838. Il était né à Lay-lès-Saint-Sympho rien (Loire). Il avait été joli homme, quoique d’une petite taille; ses traits étaient gracieux 2.
1 M. Brillat-Savarin a publié un Essai historique et critique sur le duel et des fragments sur Y Administration judiciaire, etc. Tout cela a peu réussi. 11 est mort des suites d’un refroidissement des pieds, dans l’église de Saint-Denis, le jour des obsèques de Louis XVIII. C’était un homme d’un esprit indulgent, d’un commerce doux , sûr et aimable. Un homme connu l’avait appelé assez plaisamment, à cause de sa taille, le tambour-major de la Cour de cassation.
1 Berchoux n’était ni gastronome solide ni même connaisseur. Il a conquis son