CA188B
POIDS MOYEN de
CHAQfUI CA18SB.
kil.
POIDS TOTAL
par
BSPicK.
.Le dernier chiffre est celui du poids brut ; si l'on veut
obtenir la quantité nette, il faut en déduire 12 kîl. par caisse pour la tare et le déchet, soit 318,000 kil., représentant à peu près 6,057 caisses. Il reste donc pour la consommation, un produit net de 20,443 caisses, ou 1,209,500 kil. Chaque caisse contenant environ 240 fruits, on peut dire qu'il se consomme à Paris 4,906,320 oranges.
La consommation des citrons n'a pas la même importance, ni comme quantité ni comme valeur.
QUAimTÉS DE CmORS CONSOMMÉES A PARIS DANS LE COURS D UNE ANNÉE (1854)^
PROVENANCES
NOMBRE
de
CAI8SVS.
POIDS MOYEN de
CBAQOB CAIS8B.
POIDS TOTAL par
BSnCB.
Messine
kil.
Italie (Menton, Nice, Monaco, Vintimille)
Naples (Sorrente)
Valence ;....
Totaux....
C!omme pour les orai^es, il convient de déduire, pour tare et déchet, 12 kil. par caisse, soit 126,000 kil., correspondant à environ 2,290 caisses. Le nombre des caisses se trouve ainsi réduit à 8,210 et le poids total à 429,000 kil. Une caisse renferme de 400 à 420 fruits ; on peut en conséquence évaluer à 3,366,100 le nombre des citrons consommés.
D'après ces chiffres, la consompiation annuelle du Parisien en oranges et citrons serait en moyenne :
Pour les oranges, de 1 kil. 148 Pour les citrons , de » » 407
ou 4 à 5 fruits, ou » 3
Indépendammeiit des oranges et des citrons, il arrive à Paris d'autres fruits originaires des mêmes pay^, comme des cédrats et des poncires ; on fait de l'écorce de ces fruits des confitures sèches. On remarque aussi. sur quelqyes tables, quand la récolte en est abondante dans le Midi, le fruit du grenadier. Mais les grenades de cette provenance sont sans saveur; les bonnes grenades viennent d'Espagne et de Malte.
Enfin Paris reçoit annujellement de la Havane et du Brésil 2,000 ananas au moins, cueillis verts et qui achèvent de mûrir en route. Ces fruits, de qualité inférieure, sont employés ordinairement pour la confection des glaces, des gelées et des bonbons, dans lesquels le jus d'ananas entre comme arôme. Ces quantités sont distinctes des ananas qui sortent des serres de nos meilleurs jardiniers primeuristes des environs de Pe^is, et de ceux qui arrivent de la Martinique à l'état de conserves. Ils composent, à raison de 780 grammes l'un, une quantité de 1,400 kil.
§ 4. — Fruits secs*
Le commerce des fruits secs comprend les prunes de diverses sortes, les figues, les raisins secs, les amandes et les noisettes, les poires et les pommes tapées, les pistolles et brignoUes, les fruits glacés, les pâtes d'abricots et les dattes.
Les prunes qui entrant dans la consommation de Paris sont les prunes d'ente, de Lot-et-Garonne. Ces prunes tirent leur nom des arbres greffés qui les produisent. Le même département et celui du Tarn donnent les prunes communes dites de Bordeaux, venues sur des sujets non greffés, et qui, à cause de leur acidité, ne trouvent pas leur écoulement à Paris.
Lorsque la récolte de la prune d'ente vient à manquer ou ne fournit que des jproduits insuffisants, le commerce pourvoit aux besoins, au moyen des prunes rouges d*Indre-et-Loire et
de la Sarthe, des ppunes de Tours^ qui, en temps ordinaire, viennent peu à Paris, et des prunes de Lorraine dites couaches.
Pailni les prunes sèches, il font mentionner aussi les prunes noires de Saint-Julien (Maine-et-Loire) , que les herboristes vendent sous le nom de prunes à médecine. C'est aussi l'espèce que les pâtissiers darioleurs emploient dans la confecticm des chaussons.
Les variétés de figues sont encore plus nombreuses. Les meilleures figues de table sont, sans contredit, les figues de Smyrtie ; elles nous arrivent par l'Angleterre et la Hollande, et le haut prix de ce fruit de luxe en restreint la consommation. Mais les figues de Provence, dites Marseillaises, qui se récoltent aux environs d'Ollioules, et que l'on vend en petites caisses^ sont également de qualité supérieure; elles sont fines de peau et d'un goût excellent. Les figues de même provenance désignées dans le commerce sous les déncmiinations ci-après : Roquevaire^ Mantegmes, Peloises, Bellones, ne sont autre chose que le rebut de la première sorte; on les expédie en cabas de jonc.
Les figues de Naples appartiennent à la qualité intermédiaire ; mais c'est un fruit médiocre dont la consommation ne se développe pas.
La sorte la plus abondante est la figue de Portugal, que fournit la province des Algarves. Dans les années ordinaires, ce fruit est assez bon, et il paraît préféré aux figues communes de la Provence, puisqu'il forme la plus grande partie de l'approvisionnement. Les figues de Portugal arrivent également en^abas de Jonc.
Parmi les raisins secs, ceux de Malaga tiennent le premier rang. C'est la sorte qui se consomme surtout dans la capitale. Le Var produit également des raisins de table; mais ces fruits ont la peau dure et sont peu sucrés, ce qui explique la
faveur restreinte dont ils jouissent ; ils se vendent surtout pour la confection des boissons. Depuis que le vin nous fait défaut;, la vente des raisins pour boisson a pris de grands développements à Paris. Voilà près de trois ans que dans les classes ouvrières, et même dans beaucoup de familles de la classé moyenne, on fait usage d*une boisson sucrée que Ton fabrique avec des raisins secs communs, noirs ou bidnds, rehaussés par une addition de genièvre (1). La confection de cette boisson, d'un goût passable, n'emploie pas moins de 3,000,000 kil. de raisins secs, que le commerce tire chaque année de la Turquie, de la Grèce, du Portugal et d'Espagne.
Les amandes sont de plusieurs sortes et qualités. Les premières sont des fruits^ de table ; elles sont connues dans le commerce sous le nom d'amandes à la princesse et d'amandes à la dame ; elles nous viennent de la Provence; Cette contrée donne également les amandes dures, que l'on casse pour eu avôirl e fruit, et qui s'emploient pour les sirops et la pâtisserie; Il y a les amandes flots et les sortes ordinaires. Lorsque la récolte en Provence n'est pas suffisamment abondante, le commerce fait venir cette sorte d'Espagne, de Mayorque et de Sicile.
C'est encore la Provence qui nous expédie les plus belles noisettes, celles dites de l'Acadiëre, que Ton fait figurer sur la table avec le raisin sec, la figue et l'amande, sous la dénomination de quatre mendiants^ Viennent ensuite les noisettes du Piémont, égales pour la qualité, mais plus petites ; celles du Languedoc, plus chargées de bois et moins régulières de grosseur. Les plus ordinaires sont celles de Naples et de Sicile, qui se crient dans les rues.
(1) Avec 10 kil. de raisin et un demi-kil. de genièvre, on fait 100 litres d*une boisson, queron peut boire après douze jours de fermentation. Chaque litre revient de 6 à 8 centimes.
Le département de Maine-et-Loire partage avec celui de la Sarthe la production des poires tapées. Celles qui Tiennent de Saumur sont d'une qualité supérieure : elles sont glacées ou passées au sucre. Les poires du Mans sont plus comïnunes^u moins bien préparées.
Les pommes tapées viennent des départements de Maine-et- Loire et d'Indre-et-Loire. La fabrication et les arrivages de ces fruits dépendent, on le conçoit, de l'abondance plus. ou moins grande de la récolte annuelle.
Les pistoUes et brignoUes sont des fruits que Ton fabrique ou que l'on prépare avec un petit pruneau dépouillé de sa peau et de son noyau ; on les tire de Digne (Basses-Alpes). La consommation en est stationnaire et d'aiUeurs peu hnportante, comme on le verra plus loin.
Dans cette énumération des fruits secs, nous ne devons pas omettre les fruits glacés du Midi et les pâtes d'abricots et de coings. On les prépare à Marseille, Apt, Garpentras et Cier^ mont. Les fruits glacés sont un produit nouveau qu'on a mis à la mode et dont la consommation augmente chaque année.
Enfin il arrive également à Paris, de Tunis ou de l'Algérie, quelques caisses de dattes ; mais il faut dire que ce fruit exotique est peu apprécié dans la capitale.
Le tableau ci-après qui résume les quantités^ distingue la consommation ordinaire de la consommation accidentelle; celle-ci ne s'applique qu'aux prunes qui remplacent la prune d'ente dans les années de mauvaise récolte, ainsi qu'aux raisins avec lesquels, depuis quelque temps, on fait des boissons destinées à tenir lieu de vin.
TABLEAU INDICATIF DES QUANTITÉS DE FRUITS SECS DE TOUTE ESI^BCE CONSOMMÉES A PARIS, DANS UNE ANNÉE ORDINAIRE (1854).