‹ Les consommations de ParisChapitre 157 sur 163 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

les pbingipales consommations des grandes vales de l'Étranger comparées aux consommations de paris.

On a vu par le précédent chapitre, que nous avons en France les moyens de constater, d^une manière suffisamment exacte, les principales consommations alimentaires dans les cités les plus populeuses. Malheureusement il n'en est point de même pour les grandes villes de l'étranger ; en général les renseignements que les documents officiels ou les écrits des économistes présentent sur les matières dont se nourrissent les populations de ces centres, sont loin d'être satisfaisants. Cette lacune tient en partie, soit au défaut d'organisation d'un système de recherches statistiques, soit à l'absence des taxes qui, dans les pays à octroi, permettent des constatations faciles et dignes de foi.

Londres est dans ce dernier cas ; à l'exception de la bière, dont la fabrication donne lieu à la perception d'un droit au profit de l'État, toutes les denrées, dans cette métropole, soat affranchies de taxes locales. De plus, Londres est non-seulement un immense foyer de consommation, mais encore un vaste entrepôt où la marchaodise afflue de tous les points du territoire, pour se répartir ensuite, d^ins un rayon étendu, au delà des lignes considérées comme les limites de la capitale britannique. Enfin la population elle-même de cette grande ville n'est pas exactement connue, et cette circonstance aug-

mente notablement, pour ce qui la touche, la difficulté des calculs en matière de subsistances.

Nous n'avons pas renoncé cependant à mettre sous les yeux de nos lecteurs un aperçu des consommations principales de la ville de Londres. Nos recherches se sont portées d'abord sur ce qui concerne la viande ; il nous avait paru intéressant de tenter d'éclairer de quelque lumière, les faits qui se rapportent à une consommation dont Fimportance a été fort exagérée, dans les comparaisons qu'on en a faites avec les consommations analogues des autres pays.

Il résulte d'une enquête suivie en 1849 par une commission parlementaire, que les bestiaux amenés sur pied au marché de Smiihtield, dans le cours de 1846 et 1847, ont été, en moyenne, pour chacune de ces années, de :

Têtes de gros bétail 280,000

Veaux. 27,300

Moutons» 1,560,000

Porcs 40,000

La même commission évaluait en outre les viandes introduites abattues, à la moitié des quantités produites par les bestiaux sur pied.

On peut admettre que, parmi les têtes de gros bétail, les taches figurent pour un cinquième enyircHi, comme à Paris. D'un antre <^té, si l'on s'en rapporte à l'opinion des économistes anglais, qui ont examiné les bestiaux conduits dans nos abattoirs, le rendement en viande des bestiaux consommés à Londres, devrait être compté d'après le poids de nos bestiaux du plus fort échantillon, c'est-à-dire à raison de 425 kil* pour les bœufs, de 255 kil. pour les vaches, de 75 kil. pour les veaux, de 26 kil. pour les moutons et de 100 kil. pour les porcs. Appliquant ces données à la supputation des quantités^

CONSOMMATIONS DES VILLES DE l'ÉTRANGER. 465

on trouve que rapproyisionnement annuel de la ville de Londres en viande, se composerait comme ci-après :

Viande de boucherie 227,997^500 kil.

Viande de porc 6,000,000

Ces quantités réparties sur une population de 2,500,000 consommateurs, attribueraient à chacun et par année, les rations suivantes :

Viande de boucherie 91k*,20

Viande de porc 2k.,40

Total 93^60

Malgré la source officielle des éléments dont nous nous sommes servi, nous devons dire que nous n'avons qu'une confiance restreinte dans l'exactitude des résultats obtenus : nous avons visité nous-même le marché de Smithfield, et nous croyons que le poids moyen des bestiaux qui y sont amenés, quoique supérieur à notre moyenne, n'atteint pas toujours notre taux maximum ; en revanche, nous inclinons à penser que le nombre des porcs consommés dans Londres doit être supérieur à 60,000.

C'était pour nous un motif de plus de consulter sur la ques^ tion d'autres documents : dans plusieurs rapports adressés aux administrateurs du North-Western railway^ M. Fisher Ormandy, chef du trafic des bestiaux, a fait connaître les apports de viande vivante ou morte, effectués pendant le cours d'une année par tous les chemins de fer, et il a calculé, diaprés les poids moyens et une population de 2,302,000 habitants, que chaque individu de tout âge et de tout sexe avait dû consommer en 1853, environ 188 livres de viande (1) (85*"" ,274), valant à raison de 6 pences et demi (65 c.) la livre, 5''\2*\2''- (128 fr. 36 c). Un rapport du même agent, de février 1851,

(1) La livre anglaise (avoir du puis) correspond à 453sr-,588.

avait constaté que la consommation n'ayait été, en 18âO, que de 180 liv. (81^"\646),

Dans les calculs ci-dessus on ne semble pas s'être préoccupé de l'exportation qui se fait hors de la ville de Londres ; il est certain cependant que des tpiantités notables de viande vendues sur les marchés delà capitale, sont mises en consommation dans sa banlieue et même dans quelques villes plus éloignées telles que Brighton. Quoique l'on ne puisse encore, par suite de cette circonstance, accepter qu'avec réserve les chiffres trouvés par M. Ormândy, ils sont basés sur des éléments positifs qui doivent leur assurer une sérieuse attention (t).

M. Porter, dans son ouvrage sur les progrès de la Grande- Bretagne (2), a procédé d'une autre manière, pour établir une évaluation des principales consommations alimentaires de la ville de Londres. Prenant pour exemple une famille aisée de l'un des riches quartiers de la métropole, un grand établissement commercial, trois asiles et deux pensionnats, qui comprenaient ensemble un personnel de 1,922 individus, il a recherdié la quantité moyenne d*altments que chacun d'eux pouvait consommer, dans l'espace d'une année. Les calculs auxquels s'est livré cet écrivain ont donné les chiffres ci-après

(1) Le no cxc (septembre 185 i) du Quarterly Review contient, sur rapprovisionnement de Londres, un article plein de détails et de chiffres. Nous Tavons lu avec intérêt ; mais il nous a paru queTauteur de ce travail y faisait preuve de plus d'imagination que d'exactitude. Si les renseignements empruntés aux rapports de M. Ormandy sur les transports effectués par les chemins de fer méritent confiance^ nous n'en saurions dire autant des autres indications^ notamment de celles qui se rapportent à la consommation du poisson. Dans le tableau qui y est consacré, Técrivain anglais nous semble avoir exagéré d'une façon incroyable, les apports des poissons de toute espèce sur les marches de la métropole.

(2) The progress of the nation^ in Us varions social and economîcd relations, t. 111. — Voyez Budgets économiques des classes ouvrières en Belgique, par Ed. Ducpetiaux.

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