Rom. de la RoeCy 8927, elz
3. Fumus et mulier et stUlicidia ExpeUunt hominem a doroo propria, etc. (Vers des Goliards. V. Edélestand Duméril ; Poésies populaires latines du Moyen Age). — Fumée et pluye, Et femme tençant sans raison Chacent Thomme de sa maison {Les Lamentations de Matheolus, II, 68, éd. Van Hamel).
MO LBS CONTES DE CANTEBBURY.
295 si tu ne tiens tes jeux fichés sur mon visage
et si tu ne me dis : a Belle dame » en tous lieux ;
si tu ne fais encore une fête du jour
où je suis née, et moi vêtue de neuf et belle;
si encore tu ne fais honneur à ma nourrice 300 et à ma chambrière en mon appartement
et à tous les parents et alliés de mon père.
Ainsi vas-tu contant, vieux sac à menteries K Et encor, notre propre apprenti, Janequin,
pour ses cheveux frisés brillants autant qu or fin 305 et ce qu'il m'accompagne en guise d'écuyer,
tu as conçu de lui ud injwste soupçon.
Je ne veux pas de lui, si tu crevais demain. Mais dis-moi donc ceci : Pourquoi cacher, que diable,
de ton coffre les clefs de peur que je n'y touche? 310 Eh, pardi, c'est mon bien tout autant que le tien.
Crois-tu que tu feras de ta femme une idiote?
Non, non, par ce seigneur qu'on appelle Saint Jacques,
tu ne seras jamais, dusses-tu enrager,
et maître de mon corps et maître de mon bien. 315 Tu t'en départiras, en dépit de tes yeux.
De moi qu'est-il besoin t'enquérir et m'épier ?
Tu voudrais, que je crois, m'enfermer dans ton coffre !
Mais tu devrais me dire : k Femme, va où tu veux,
prends ton ébatement, je ne croirai nul conte : 320 je vous sais, dame Alice, une épouse fidèle ».
Nous n'aimons pas celui qui prend soin et souci
du lieu où nous allons ; nous voulons être au large. Entre tous les humains il doit être béni
ce sage astrologien — voire Dom Ptolémée — 325 qui dans son Almageste écrivit ce proverbe :
(( Sur tous les autres hommes il s'élève en sagesse
qui ne se soucie point qui possède la terre ».
Tu dois par ce proverbe entendre ce qui suit :
Quand tu as suffisance, à quoi sert de songer 330 quelle joyeuse vie peut bien mener autrui? Certes, vieux radoteur, avec votre congé, de mon bas vous aurez, la nuit, suffisamment.
1. « Vieux baril plein de lie >, dit la commère, avec un jeu de mots sur l'anglais lyes = lie et mensonges.
Trop chiche serait-il qui ne voudrait permettre
qu'un autre à sa lanterne allumât sa chandelle ^ 335 Après il n*en aura pas moins de feu, pardi.
Quiconque a suffisance il ne lui faut se plaindre. Et tu contes aussi que si nous nous parons
de cottes et de tels accoutrements de-prix,
c'est alors grand péril pour notre chasteté. 340 Et puis, la peste! il faut, pour renforcer ton dire,
que tu cites ces mots, empruntés à Tapôtre :
« D'habits qui soient toujours et chastes et mtNiestes
vous vous revêtirez, ô femmes (a-t-il dit *) ;
point de cheveux tressés, point de gaies pierreries, 345 comme perles, point d'or, point de riches^ atours ».
Sur ton texte, vois-tu, comme sur ta rubrique,
je prétends me régler autant que sur cela.
Tu as aussi conté que je ressemblais chatte :
car à chatte quiconque irait brûler la peau ', 350 chatte dorénavant resterait au logis;
au contraire si chatte a peau luisante et belte,
elle ne restera demi-jour en l'hôtel,
mais elle en sera hors devant que le jour crève
pour étaler sa peau et aller au matou. 355 D'où si j-'ai beaux atours, messire le grognon,
je m'en irai courir pour montrer mon bureau. Messire le vieux sot, qui te prend d'épier?
Quand tu prierais Argus, oui, Argus aux cent yeux^,
de veiller sur mon corps du mieux qu'il le pourrait, 360 voire, il ne me gardera qu'autant que je voudrai.
Je lui ferais la barbe à lui tout comme à toi. Tu as aussi conté qu'il existe trois choses,
lesquelles choses font le tourment de ce monde,
et que la quatrième on ne peut l'endurer ^ 3C5 Cher sire le grondeur, Dieu abrège tes jours l
Tu sermonnes et dis que femme acariâtre