‹ Les contes de Canterbury de Geoffroy Chaucer. Traduction française avec une introduction et des notesChapitre 150 sur 188 · Epilogue du Conte du Marchand · texte numérisé non relu

Epilogue du Conte du Marchand

« Eh! merci Dieu (dit alors notre hôte), 2420 d'une telle femme je prie Dieu de me garder.

Voyez, quelles fourberies et quelles subtilités

il y a chez les femmes! toujours aussi occupées qu'abeilles

à nous tromper, nous autres simples hommes;

et de la vérité toujours elles se détournent;

par ce conte du Marchand cela est bien prouvé.

Pour moi j'ai une femme aussi sûre que l'acier,

sans aucun doute, quoiqu'elle soit pauvre;

mais pour la langue, c'est une mégère intarissable 2430 et de plus elle a un tas d'autres vices ;

nimporte, passons sur toutes ces choses.

Mais, savez- vous quoi? je le dis en secret,

il me repent amèrement d'être à elle lié,

car, si je disais tous les vices

qu'elle a, assurément je serais trop sot

et pour cause; cela lui serait rapporté

et redit par quelqu'un de cette compagnie;

par qui? il n'est pas besoin de le dire,

puisque les femmes s'entendent à déballer ces denrées-là ;

aussi bien mon esprit ne suffit pas 2440 à dire tout ; c'est pourquoi mon histoire est finie. »

Groupe F.

Conte de TEcayer'-

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