‹ Les contes de Canterbury de Geoffroy Chaucer. Traduction française avec une introduction et des notesChapitre 69 sur 188 · Ou zagaie, javeline mauresque, longue et mince · texte numérisé non relu

Ou zagaie, javeline mauresque, longue et mince

je VOUS le dis, peu s'en fallut qu'il ne lui advînt fâcheux ennui.

1950 Là poussent herbes grandes et petites^ la réglisse et le ciloal *,

et maint clou de girofle, et la noix muscade pour mettre dans l'aie, qu'icelle soit fraîche ou éventée,

ou pour mettre dans un coffret.

Les oiseaux chantent, il n'y a pas à dire non, Témouchet et le papegai,

que c'était joie de les entendre ; la grive mâle aussi disait son lai, i960 la colombe des bois sur la branche t le

chantait haut et clair.

Sire Topaze tomba en langueur d'amour quand il entendit la grive chanter,

et éperonna comme s'il était fol :

son beau coursier sous son éperon suait tant qu'on eût pu le tordre,

ses flancs étaient tout en sang.

Sire Topaze aussi tant devint las d'éperonner sur l'herbe molle 1970 (si farouche était son courage M)

qu'il mit pied a terre en ce lieu pour permettre à son cheval quelque soulas, et lui donna bon fourrage.

« 0 Sainte Marie, benedicitel Que me veut ce cruel amour

pour me lier si fort?

J'ai rêvé toute cette nuit, de par Dieu! qu'une reine des elfes sera mon amante

et dormira sous mon manteau.

1980 C'est une reine des elfes que je veux aimer, par ma foi 1 car en ce monde il n'est femme

i. Vieux nom de la zédoaire.

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