‹ Les contes de Canterbury de Geoffroy Chaucer. Traduction française avec une introduction et des notesChapitre 76 sur 188 · Heremianus et Timolaus dans Boccace · texte numérisé non relu

Heremianus et Timolaus dans Boccace

La fortune la fit de sa royauté tomber 3540 en misère et en malheur.

Aurélîen, lorsque le gouvernement de Rome vint en ses mains, résolut de tirer vengeance de cette reine, et avec ses légions se mit en chemin 3545 contre Zénobie, et, pour être bref, il la mit en fuite et à la fin Tatteignit et Tenchaina ainsi que ses deux enfants, et conquit le pays, et s*en revint k Rome

Entre autres choses qu'il conquit, 3550 était son char tout enrichi d'or et de pierreries,

que ce grand Romain, cet Aurélien,

emmena avec lui pour le faire voir.

Elle alla à pied devant son cortège triomphal

avec des chaînes d*or autour du cou; 3555 elle était couronnée, selon son rang,

et tout chargés de pierreries étaient ses vêtements.

Triste destin! celle qui jadis était redoutée des rois et des empereurs, à présent tout un peuple la dévisage, hélas I 3560 Celle qui portait le casque en de grandes batailles et enlevait de vive force villes fortifiées et tours, aura maintenant la tête couverte d'une coiffe ' ; et celle qui tint le sceptre plein de fleurs va tenir la quenouille, pour acquitter sa dépense.

De Petro Rege Ispannie*.

0 noble, ô digne Petro, gloire de TEspagne, que la fortune tint si haut en majesté, combien ta mort pitoyable mérite d'être pleuréel Hors de ton pays ton frère te força à fuir; et ensuite, pendant un siège^ par ruse, 3570 tu fus trahi, et mené en sa tente, où de sa propre main il te tua, héritant de ton royaume et de tes richesses.

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