‹ Les contes de Canterbury de Geoffroy Chaucer. Traduction française avec une introduction et des notesChapitre 82 sur 188 · Ceci s'adresse au Chevalier · texte numérisé non relu

Ceci s'adresse au Chevalier

CHADCSR.

dès longtemps serais-je à bas tombé, de sommeil,

si profond qu'eût été le bourbier;

lors votre conte aurait été conté tout en vain ; 3990 car, pour certain, comme disent les clercs,

« quand homme ne peut avoir audience,

rien ne lui sert de dire sa sentence ; »

et je sais bien qu'iFdoit faire fonds sur moi \

celui qui veut bien conter son histoire.

Messire, dites-nous de chasse, je vous prie. »

« Nenni, (dit le Moine,) je n*ai pas le cœur k m'éjouir :

qu'un autre conte à présent, comme j'ai conté. »

Lors parla notre hôte, de propos rude et hardi,

et s'adressa incontinent au prêtre de Nonnains : 4000 « Approche, Prêtre, viens ça, messire Jean ■,

dis nous telle chose qui nous boute le cœur en joie ;

sois gaillard, bien que tu chevauches une rosse.

Ne te ^baille que ta bète soit laide et maigre ;

si elle te sert, ne t'en soucie plus que d'une fève;

veille que ton cœur soit toujours en gatté. »

« Oui-da, messire, (fît-il;) oui-da, notre hôte, par ma foi!

si ne suis gai, pour sûr, je veux être blâmé. »

Et tout incontinent son conte a entamé

et nous dit comme suit, à tous et chacun, 4010 ce doux Prêtre, ce bon homme, messire Jean.

Explicit.

Le Conte du Prêtrk de Nonnains*.

Ci commence le Conte du Prêtre de Nonnains, du Coq Chanieclair et de la Poule Pertelote.

Une pauvre veuve, quelque peu avancée en âge, vivait une fois dans une étroite chaumière,

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