Cf. Roman de la Rose
Uê LES COSTES DE CASTEBBIBT.
et aufisîtAt on lut La requête maudite ;
le contenu était ce que tous allez ouïr :
«> A TOUS, monseigneur, mesure Apîus si cher,
moi, Totre pauTre senriteur Qaudius, j*expose
itiO C'jmment un cbeTalier appelé Virginius, a ['encontre de la loi et de toute équité, retient, contre ma Tolonté expresse, ona serrante, qui par droit est mon esclaTe < ; elle me fut Tolée chez moi, pendant la nuit, lors qu'elle était toute jeune; cela, je le prouTerai pi-ir témoins, monseigneur, s'il ne tous en déplaît ; point n'est sa fille, quoiqu'il en die ; c'est donc tous, seigneur juge, que je prie lU* me bailler mon esclaTe, si telle est Totre Tolonté. •
190 C était U tout le contenu de la requête. Virginius fixa les yeux sur le ribaud; niais, en toute hâte, aTant que lui-même eût parlé — et il aurait prouTé, comme le doit un chcTalier, et aussi par le témoignage de maint indiTidu, que le dire de son adTcrsaire n'était que mensonge — ce juge maudit ne Toulut rien attendre, ni écouter un mot de plus de Virginius, mais il rendit son jugement, et dit ainsi : u J'octroie à ce ribaud sa servante à l'instant;
200 tu ne la garderas pas plus longtemps en ta demeure ; va la chercher, mets-la sous notre garde ; le ribaud aura son esclave; telle est ma sentence. » Lorsque ce digne chevalier Virginius ^, pur sentence de ce juge Apius, doit, de force, remettre sa fille chérie au juge, pour vivre dans la luxure, il retourne chez soi, s'assied dans la grand' salle ul tout à l'instant fait appeler sa fille chérie; l'i, le visage mort comme des cendres froides,
210 il se mit à contempler son visage modeste, 4!t sa douleur de père lui transperçait le cœur. Pourtant, point ne voulut renoncer à son dessein : f( Ha fille, dit-il, toi qu'on appelle Virginia,