SECTION III. — LE DROIT INTERMÉDIAIRE ET LE DROIT MODERNE
Avec la Révolution, nous verrons sombrer l’ancienne armature du droit familial et, confondant les abus de l’autoritarisme avec la nécessité de l’autorité, elle instaurera le régime d’une liberté sans règle qui aboutira au plus complet désordre — Ruine de l'institution du mariage et assimilation du bâtard à l’enfant légitime.
Le Code Civil, base de notre droit moderne, réagira, transigera avec les principes contraires : c’est ainsi qu'il
(1) Lettre 117.
(2) Esprit des Lois, livre 16, chap. XV.
rétablira et tentera de sauvegarder la dignité du mariage en conservant le divorce. Il adoptera, aboutissement d’une longue évolution, pour fondement de la puissance paternelle, la notion d’intérêt des enfants; lors, érigeant le juge en arbitre souverain, il pensera pouvoir résoudre, pour le plus grand avantage des dits mineurs, les conflits de puissance qui pourraient s'élever en cas de dissolution légale.
$ 1. — L'œuvre de la Révolution
La Révolution française se fit autour de l’idée d’émancipation de l'individu. Les vieux principes étaient rejetés, on exalta les idées du jour relatives à la Liberté, à la Raison, à la Nature. Et c’est ainsi que dans le domaine du droit de famille, des bouleversements furent apportés le plus souvent, n’étant que la conséquence logique, théorique, mais non expérimentale, de certains concepts ; bouleversements qui n'étaient d’ailleurs pas réclamés par l’opinion.
Il en fut ainsi de l’établissement du divorce. Parmi tous les cahiers de revendications, seul celui porté par le duc d'Orléans le réclamait.