BÈ40TION CONTRE LE LATIN AU XVIII* SIÈCLE
l'audace de régner sans rivale dans l'éducation. Tantôt c'est Crousaz, déplorant le temps que la jeunesse passe < presque uniquement dans l'étude de la langue latine'», tantôt c'est La Condaminea'apitoyant sur ce pauvre écolier appliqué neuf heures durant à s'instruire < d'un peu de latin, lire le grec, et rien de plus > , au point de sortir du collège, profond peut-être sur la formation du supin et du gérondif, mais t plus neuf sur toutes les matières de la conversation qu'une pensionnaire > arrivée la veille du couvent *. Déjà l'abbé Gédoyn avait eshalé ses plaintes sur le malheur des enfants envoyés au collège pour n'y apprendre que t quelque peu de latin. > La langue française, disaitil, est devenue « la langue universelle de l'Europe, » et on ne l'apprend pas aux élèves, et on leur laisse ignorer le théâtre et les chefs-d'œuvres de notre littérature. On entrouvre à peine la porte à la géographie, à l'histoire universelle, il n'est pas question d'histoire naturelle '.
En suivant le cours du siècle, nous retrouvons les mêmes doléances. « Du français, de la danse, beaucoup de mœurs, peu de latin, » écrivait, en 1651, Duclos à M"' d'Epinay docile à ses conseils sur l'éducation de son fils. D'Alembert lançA du haut de l'Encyclopédie * contie l'éducation de son temps, la condamnation la plus absolue, la plus bruyante, celle qui eut le plus de retentissement dans le siècle
< CroQzaz : Traité de l'éducation dei enfanU, 1722.
' La Condamiue : Lettre critigue sur l'éducation, 1751.
' GédojD : CEKfreî diverse», lliS.
' En 1751, su moL collège. L'abbé Leroy qui, vingt-cinq ans plus ard, dfuia l'ouvrage cité plus haut, réfute cet article, comme le «Dut l'abbé Projart ea 17S5, l'abbé Goaee eu HSS, l'attribue à d'AIembert.
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