REFORME DE L'ENSEIONEMEKT PHILOSOPHIQUE
tions qui caractérisent, selon lui, la vraie méthode de philosophie. On a pui&é, comme lui, dans Mailebranche, ce qu'il dit de l'illusion des sens, des caprices de l'imagination, des inclinations naturelles et des préjugés. La philosophie n'est plus hérissée de vaines disputes de mots, comme voudrait le persuader M. Jurain. Elle emprunte les plus sublimes découvertes à ces savants écrits, qu'on peut appeler les dépositaires des secrets de la nature. Les écoles de Reims renouvellent tous les ans aux yeux du puhlic les plus belles expériences '. »
A mesure qu'on avance dans le cours du siècle, l'enseignement philosophique mérite mieux les éloges que l'Université de Reims se décernait à elle-même. Les auteurs écartent de plus en plus, dans la rédaction de leurs traités, l'argumentation syllogistique, pour adopter l'exposition directe ou, comme on disait alors, le style dogmatique. Le Cotnpendtum, publié, en 1770, par Caron, à l'usage des candidats à la maîtrise es arts, obéit déjà à cette inspiration. La Philosophie de Lyon ', parue en t782, était bien moins scolastique que la philosophie de Toul. L'ouvrage de l'abbé Hauchecorne, publié deux ans plus tard, était encore en progrès, sous ce rapport, sur la Philosophie de Lyon. Le cours de l'abbé Migeot^ longtemps professé à l'Université de Reims avant d'être édité en 1784. était écrit en très bon latin. L'auteur, tout en conser-
' Cauly ll'abbé) : Hisloire du collège des Bons-EnfanU de tUni- ■versiU de Reims, p. 560-5G6.
' Instilvtiones philosophiez aanlorilate arehiepiteopi Lugdttnentis édita, 1782, 5 vol. in-8. L'auteur était le P. Valarl.
» Migeot ; Philosophix elementa qiànqae distincla pùrlibui, 1781, 2 vol. iii-12.
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