‹ Les études classiques avant la RévolutionChapitre 41 sur 81 · RÉFOBUE DE L'ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE S · texte numérisé non relu

RÉFOBUE DE L'ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE S

vant aux objections la forme syllogistique, écarte absolument les subtilités de lascolastique. A l'exemple de Platon, de Cicéron et de Malebranche, c'est dans une langue simple, élégante et sous forme de dialogue, que l'abbé Migeot fait discourir devant nous ses personnages, Eugène, Théodore et Philandre.

En même temps qu'on écarte ou qu'on tempère peu ù peu, dans la rédaction des traités, l'aridité de la scolastique, on supprime un grand nombre de discussions subtiles que cette méthode avait trop souvent soulevées, sans grand profit pour l'esprii humain. Dès l'année 1784, l'abbé Proyart pouvait dire que l'Univereité avait < substitué à ces questions futiles qu'on y traitait autrefois des questions d'une utilité généralement avouée', » Il suffit d'ouvrir les documents contemporains pour y trouver la preuve de cette affirmation. Les questions posées, en 1766, aux candidats à l'agrégation en philosophie roulent sur la certitude, sur l'existence de Dieu, sur la spiritualité, la liberté et l'immortalité de l'àmo, sur l'origine de la société, sur les théories de Newton relatives à la gravitation universelle et à la lumière, sur la monadologie de Leibnitz. A une époque où les fondements de toute croyance, non seulement religieuse mais philosophique, commencent à être ébranlés de toutes parts, on est trop occupé à rétablir les vérités premières pour avoir le temps de s'attarder aux subtilités de l'école. Les évêques de France comprennent que. pour opposer une barrière solide au flot de destruction menaçant d'entraîner l'esprit humain dans une négation universelle, il faut fortifier dans les collèges l'en-

' Proyart : De l'éducation publique, p. 116.

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