RÉFORME DE L'ENSEIGNEUENT PHILOSOPHIQUE
• traité la philosophie de Descartes comme Descartes avait traité celle d'Aristote. Si le gaulois Cardestes (Descartes), écrit-il, a pu faire tant de bruit, c'est que de son temps les Gaulois û'ea savaient pas davantage '. .
Le dédain du xvin* siècle pour la métaphysique aida puissamment Voltaire dans cette campagne anti-cartésienne. Le spiritualisme outré, l'automatisme et d'autres théories de Descartes, le panthéisme de Spinosa, les causes occasionnelles, l'étendue intelligible de Malebranche, l'harmonie préétablie de Leibnitz avaient jeté la défaveur sur la métaphysique, aux yeux de beaucoup d'esprits plus attentifs aux travers des grands philosophes qu'à leurs sublimes iuspirations. On parut résolu désormais à ne plus se perdre dans les hauteurs. La vue des immenses progrès faits par les sciences physiques, à l'aide de l'observation et de l'expériencei donna aux novateurs la pensée d'appliquer la même méthode à l'étude de la philosophie. Il ne fut plus question que de philosophie expérimentale, et comme Locke, dans son Essai sur l'entendement humain, avait mis un fait d'expérience, la sensation, à l'origine de toutes nos connaissances, il fut proclamé par Voltaire YBercule de la métaphysique. D'Alembert vint affirmer que Locke avait créé " la métaphysique, à peu près comme Newton la physique -. • Le triomphe de la physique de Newton
■ ' Cf. Voltaire : Lettres sur les Anglais ; Lettre à Thuriol ; Dial. d'Evhémère tt de Catlicrate.
> D'Alembert : Discours préliminaire de l'EDC^clopédie. — Coyer, op. cil,, p. 172, disait ; « Noua avons quatre métaphysicifins cËIËbres : Descartes, Malebranche, Leibnitz et Locke. Le dernier «st supérieur aux autres, parce qu'il n'a écrit que ce qu'il a bien
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