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I. — Botrytis cinerea

La Uotvutis cinerea (Fig. 17; forme de petits cliamps gris-jaune sur des matières végétales humides qui dépérissent, et se trouve également dans le moût. Du mycélium brun-grisâtre s’élèvent les filaments conidifères ayant l’aspect de tubes perpendiculaires et arti'iulés, ordinairement arrangés en forme de toulTes. Ils croissent jusqu’à la hauteur de 1 après quoi la cellule du sommet pousse, près de son e.xtrémité de 2 à 6 petites branches, qui forment un angle presque droit avec l’a.xe (G"). Les branches inférieures sont les plus longues ; à leur tour elles donnent naissance au-dessous de leur extrémité à un ou plusieurs rameaux latéraux. Les branches supérieures sont presque aussi larges que longues. Il se développe ainsi un système de ramifications ayant l’aspect d'une grappe de raisins. La croissance longitudinale terminée, les rameaux séparent par une cloison transversale leur espace intérieur du tronc principal et cela tout près de celui-ci. En même temps, l’extrémité des rameaux et du tronc principal se goniïlent en forme de globules et offrent à leurs surfaces supérieures plusieurs petites éminences, placées l’une à côté de l’autre. Celles-ci poussent rapidement en formant des vésicules ovales, remplies de plasma et se rétrécissant à leur base en forme de tube. Lorsque ces conidies (G') sont complètement développées, les parois des branches se resserrent, ce qui rapproche tellement les conidies les unes des autres, qu’elles finissent par former une agglomération lâche et irrégulière, qui se détache facilement. Si l’on place cette grappe dans de l’eau, les conidies se

LES MOISISSUUES.

Fi(î. 17.

Botrytis cinerea, d’après de Hary.

a, b (grandeur naturelle) sclérotes, d’où rroisscnl a des appareils conidiens, b des périllièces ; c C' filaments condifères (C'avec des conidies venant de mûrir) parlant du tnhe mycélien m ; C" extrémité d’nn appareil conidien montrant le commencement de la formation des conidies à l'extrémité des rameaux ; k conidie gerniinante (grossissement 300); P, s (faiblement grossi) coupe au travers d’un sclérote s, duquel pousse un petit périthèce (p, p) ; n asque isolé avecS spores mûres (grossissement 3(K1).

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dégagent de leurs pédoncules; les pellicules des rameaux vides de plasma se resserrent ou n’apparaissent plus que par traces; leurs anciens points d’attache au tronc principal ne s’aperçoivent plus guère que comme des petites cicatrices légèrement convexes. Le second membre du filament sporifère peut alors chasser celui de l’extrémité qui s’est resserré, pousser à son tour en hauteur et former une nouvelle grappe. Ceci pouvant se répéter plusieurs fois, les tubes conidifères atteignent une longueur considérable.

Dans de certaines conditions, cette plante peut entrer dans un état particulier de repos nommé sclérote (scleros = dur) (a, b, ss). Les filaments mycéliens se ramifient abondamment et les branches s’enchevêtrent en un corps continu, depuis la forme circulaire jusqu’à celle en fuseau étroit, et d’une grandeur variable. pouvant atteindre jusqu’à quelques millimètres; les dernières extrémités des filaments deviennent brunes ou noires, et le sclérote solide et mûr se compose ainsi d’une enveloppe noire et d’un tissu intérieur incolore. De tels corps sont capables, après une période de repos — d’au moins une année — de donner naissance à une végétation nouvelle et peuvent à ce point de vue-là être comparés aux bulbes et aux racines des plantes supérieures. Si l’on porte le sclérote, peu api’ès sa maturation, sur un milieu humide, les rameaux intérieurs incolores croissent au travers du contour noir et s’élèvent en filaments conidifères (a). Mais si l’on ne porte les sclérotes qu’après un repos prolongé sur le milieu humide, le tissu intérieur développe une grosse touffe de filaments qui croissent perpendiculairement et s’élargissent finalement en un disque en forme de plat (h et ps). Sur la surface supérieure libre du disque, les extrémités des filaments sont parallèles, quelquesunes restent grêles, d’autres se gonflent pour former des tubes semblables à des massues, dont chacun produit

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dans son intérieur 8 spores ovales (n). La plante est alors entrée dans la période de sporulation. Les spores germent après avoir été expulsées et les fils germinatifs croissent en formant des appareils conidiens.

D’après MM. Bersch, Fitz et Reess, cette plante est considérée comme la cause d’une des maladies du vin, qui se manifeste par un goût et une odeur de fumée désagréables. De semblables cas de maladie ont été observés isolément dans la brasserie; il n’est cependant pas certain qu’ils provinssent de cet organisme.

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