‹ Les microorganismes de la fermentationChapitre 24 sur 46 · Eurotium Aspergillus glaucus · texte numérisé non relu

Eurotium Aspergillus glaucus

Le développement de VEurotium Aspergillus glaucus (Fig. 1'.)), a été décrit pour la première fois par le célèbre de Bary. Il forme une fine couverture panniforme, grisâtre ou d’un gris-vert, sur les corps les plus divers et peut apparaître en quantité exubérante sur le malt vert.

Comme dans le Pénicillium, le mycélium se compose de filaments fins, cloisonnés, transparents et ramifiés. Quelques-uns des fils mycéliens s’élèvent perpendiculairement ; ils sont alors plus gros que les autres et ce n’est que par exception qu’ils sont ramifiés ou cloisonnés. Leur extrémité supérieure grossit pour former un renflement sphérique (c), qui pousse sur toute sa surface supc-

Fig. li).

Eurotium Aspergillus glaucus, d’après de Bary. m m filainenl mycélien portant un tube conidifère c (dont le.s conidies se sont détachées), un péritlièce F et les premiers rudiments d’un ascogone f (grossissement 190 fois) ; s trois stériginates du sommet d’un appareil conidien montrant le détachement des conidies; p conidie en germination (grossissement 250-300 fois) ; A asque, r ascospore en germination, k tubes germinatifs ; S ascogone héliciforme, P premier rudiment d’un fllainent enveloppant, croissant en bauleur ; T phase de développement plus avancée; W ascogone complètement entouré de l’enveloppe; Y coupe longitudinale d’une phase plus ancienne de développement, au centre l’ascogone entouré de l’enveloppe se composant de plusieurs couches ; X coupe longitudinale d’une phase de développement plus avancée; l’ascogone est entouré d’une envetoppe ayant plusieurs couches, il a desserré ses tours et commence à pousser les rameaux formant lesasqnes; M i)artie d’une vieille branche fertile, a jeune asque, a, un viel asque rompu.

Fig. 19.

lü() LES MICROOllGANISMES DE LA FERMENTATION.

rieure des lilaments cylindriques divergeant en forme de rayons. Ces stérigmates (s) poussent à leur tour à leur sommet de petites excroissances rondes, qui s’attachent par leur base fortement rétrécie aux stérigmates et forment quelque temps après des cellules indépendantes (spores ou conidies). Sous la ligne d’attache de la première spore il s’en forme une seconde au sommet du stérigmate ; celle-ci soulève la première; puis il s’en forme une troisième, et ainsi de suite. Chaque stérigmate porte un chapelet de spores, dont la plus jeune se trouve ainsi la plus rapprochée du stérigmate. Ceci a lieu en même temps sur toute la surface de l’extrémité gonflée du tube conidifère, qui, linalement, se recouvre ainsi d’une grosse tète de chapelets de spores arrangés en rayons. Cet amas de spores forme la poussière grisvert qui recouvre la masse mycélienne. A la fin, les conidies se séparent l’une de l’autre. Elles sont à ce moment légèrement verruqueuses à leur surface. Ces corpuscules sont immédiatement à même de germer (p) et produisent aussitôt une nouvelle moisissure, ce qui explique la rapidité avec laquelle cette plante se propage. Dans de certaines conditions encore insuffisamment établies, mais qui paraissent, en tout cas, supposer une nutrition abondante, la moisissure développe des perithècen. Ceux-ci sont d’abord semblables à des rameaux délicats qui, après avoir terminé leur croissance longitudinale, commencent à tourner leur extrémité quatre à six fois en hélice, comme un tire-bouchon {f). Peu à peu les spires :se rapprochent jusqu’à ce qu’enfin elles se touchent, de sorte que toute l’extrémité du filament finit par prendre Ja forme d’une hélice (ascogone). La spire inférieure de l’hélice développe alors deux ou plusieurs petits rameaux qui y sont fortement attachés. L’un de ces petits ■rameaux {S,T,p) devance l’autre dans sa croissance, et son extrémité supérieure atteint rapidement le sommet de

LliS MOISISSURES.

l’hélice, avec lequel il se fusionne. Le second rameau et tous les autres, s’il y en a plusieurs, s’élèvent également le long de l’hélice en se ramiliant et en se croisant de façon à ne former finalement tous ensemble plus qu’uné enveloppe compacte qui renferme l’hélice (TF)- Ces rameaux se divisent par des cloisons perpendiculaires à la surface, et l’enveloppe se trouve ainsi formée de cellulee courtes, anguleuses, dans lesqu’elles naissent de nouvelles cloisons parallèles à la surface, ce qui rend l’enveloppe plus épaisse en lui donnant plusieurs couches (F, X, F). Le petit globule désormais formé a environ 1/4 de millimètre d’épaisseur, la couche extérieure en devient jaune, tandis que celles de l’intérieur restent délicates et périssent plus tard. L’hélice enfin s’étend et pousse de tous les côtés des branches ramifiées qui repoussent les couches intérieures de l’enveloppe; ces branches prennent enfin la forme d’asques {M et d), dont chacun développe huit spores à l’intérieur. Après la rupture des asques, les spores restent éparses dans le sporocai pe et sortent par les crevasses de l’enveloppe devenue fragile.

Comme chez le Pénicillium, les spores sont biconvexes, verruqueuses, possèdent une forte membrane extérieure et une intérieure qui, à la germination, fend la première pour en former deux valves (r).

Cette espèce possède un ferment diastatique transformant l’amidon endextrineet enmaltose.

Outre cette espèce, il s’en présente dans la nature encore plusieurs autres proches parentes qui peuvent, elles aussi, se rencontrer dans les mêmes localités. De la plupart de ces espèces, on ne connaît que la phase des conidies.

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