XIV INTRODUCTION
dîmes, etc.; on sait quel intérêt présentaient ces qaes* tiens aux yeux de la société du moyen âge. Juge du sacrementi l'Église décide de la validité ou de la nullité du mariage, de la légitimité ou de Tillégitimité des enfants. Gardienne des volontés suprêmes des mourants, elle fait exécuter les testaments, et connaît des contestations que soulève cette exécution ; gardienne de la foi jurée, elle assure le respect dû au serment et punit les parjures. Elle réprime toutes les usurpations commises sur les biens qui lui ont été donnés en aumône, à charge de service envers Dieu seul, et qui, par l'effet de l'amortissement, sont sortis de la hiérarchie féodale. Joignez à cela les crimes contre la foi, tels que l'hérésie, la superstition, la sorcellerie, et aussi tous les crimes qui, au moyen âge, menaçaient l'ordre public et pour la répression desquels ce n'était pas trop des rigueurs du pouvoir spirituel ajoutées à celles du pouvoir séculier : par exemple l'incendie, le rapt, les attentats à main armée contre les églises et les monastères, le pillage, l'infraction de la trêve de Dieu. Telles sont les causes qui sont déférées au tribunal de l'évêque; on voit à cette simple énumération que son for extérieur n'est pas d'une médiocre importance.
Il nous reste à signaler les différences qui existent entre Tordre et la juridiction. L'ordre n'est pas susceptible d'augmentation ou de diminution; il est le même chez tous les évêques; au contraire, la juridiction est essentiellement divisible; aussi le Pape, chef de rÉglise universelle, détermine -t-il les limites territoriales dans lesquelles s'exerce la juridiction de chacun