INTRODUCTION. XXI
lier, qui garde les sceaux de l'église; le théologal et récolàtrOy qui touchent chacun les revenus d'une prébende, Tun à charge d^interpréter l'Écriture sainte et d'enseigner aux clercs tout ce qui est nécessaire au soin des âmes, l'autre à charge de diriger l'école du chapitre et de surveiller les écoles du diocèse ; le pénitencier, qui seconde l'évèque en tout ce qui regarde le for intérieur ; le custode ou trésorier, chargé du soin du trésor de l'église et des dépenses nécessaires au culte; le chambrier, préposé à l'administration du temporel, etc.
Dans le droit moderne de l'Église, l'évèque, chef suprême du chapitre, le visite comme tout autre établissement religieux du diocèse, et même, en dehors de la visite, il peut toujours rappeler le chapitre ou quelques-uns de ses membres à l'accomplissement de leurs devoirs, juger des différends du chapitre avec les autres clercs, infliger des peines aux chanoines dont la conduite est répréhensible, etc. Il n'en était pas ainsi au moyen âge. Au treizième siècle, dans un grand nombre de diocèses, les chapitres cathédraux, à l'exemple des monastères et des collégiales, avaient obtenu du Saint- Siège d'être exempts, en tout ou en partie^ de la juridiction épiscopale, et avaient été placés sous la dépendance du métropolitain ou soumis directement au Pontife romain. En pareil cas, l'évèque ne pouvait ni visiter le chapitre, ni connaître des causes de chanoines, ni leur infliger des peines, ni exercer aucun acte de juridiction spirituelle dans le cloître et ses dépendances : la juridiction du chapitre y remplaçait celle de l'évèque ; parfois elle s'étendait aux paroisses du domaine temporel du
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chapitre. La manifestation suprême de celte indépendance était la sentence d'excommunication que le chapitre lançait contre les violateurs de ses droits, et qu'il appuyait en lançant l'interdit. Alors les orgues cessaient de se faire entendre, les solennités du culte étaient interrompues, non-seulement à l'église cathédrale, mais dans toutes les églises de la ville épisco* pale, jusqu'à ce que justice eût été rendue au chapitre par l'évéque, le seigneur ou les bourgeois qui en avaient enfreint les privilèges. Les exemptions donnèrent lieu à d'interminables conflits entre les évêques et les chapitres; aussi le concile de Trente les réduisit à une juste mesure et rendit au pouvoir épiscopal son libre exercice. .
Les chapitres ont deux attributions principales : ils célèbrent l'office divin et forment le conseil del'évèque. De la célébration de l'office nous avons peu de chose à dire. On sait, en effet, de ([uelle pompe les chapitres de nos grandes églises entouraient les fonctions liturgiques. Jour et nuit la cathédrale, élevée le plus souvent par les soins du chapitre, retentissait du chant des heures canoniales : chaque matin, après l'heure de tierce, un chanoine célébrait la messe capitulaire; aux fêtes, les fidèles se répandaient en foule dans les vastes nefs, curieux de contempler les cérémonies si populaires au moyen âge et de s'associer à la prière publique de l'Église. Mais ce n'est point sous cet aspect que nous devons envisager le rôle du chapitre; il est temps de rechercher quelle part il prend au gouvernement du diocèse.