INTRODUCTION. XXVII
Deum, pendant qu'on annonçait au clergé et aux fidèles que, d'inspiration, le chapitre avait désigné le futur évèque. Mais c'était là un fait peu fréquent ; ordinaire* ment, il fallait recourir au scrutin. Les votes étaient donnés par écrit et recueillis par trois scrutateurs choisis dans l'assemblée capitulaire; celui qui réunissait les suffrages de la majeure et de la plus saine partie du chapitre était proclamé évèque. Quant au compromis, il consistait à choisir plusieurs clercs auxquels était confiée la mission de désigner l'élu.
Souvent l'exercice du droit qu'avaient les chapitres d'élire Tévêque donnait lieu à des difficultés que le Pape devait résoudre, u L'intervention du Souverain Pontife dans une élection était, au commencement du treizième siècle, un fait bien plus commun qu'on ne le croit d'ordinaire. » Elle était ordinairement motivée par les divisions du chapitre, a II suffisait souvent qu'une minorité s'obstinât à faire triompher son candidat pour que l'élection fût portée en cour de Rome^ j> Les termes vagues et élastiques du quatrième concile de Latran, qui exigeait le consentement de la major vel sanior pars capituli, multipliaient les cas d'appel, car le parti le mo ns nombreux prétendait parfois être le plus sain.
Lorsque le candidat désigné par le chapitre ne peut, à raison d'un empêchement canonique, accepter librement la dignité épiscopale^ la désignation du chapitre n'est plus à proprement parler une élection, mais une postulation. En effet, le chapitre s'adresse au pouvoir
* N. Valois, Guillaume tTAuvergtte, évèque de Paris, p. 12.
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suprême pour lui demander d'anéantir au moyen d'une dispense Tempèchement qui met obstacle à raccomplissèment de son vœu. Il en est ainsi lorsque le choix des chanoines tombe sur l'évèque d'un autre diocèse : celui-ci est engagé envers son Eglise dans les liens d'un mariage spirituel que le Pape seul peut dissoudre, par un acte de pure faveur.
En tout cas, l'élu doit èlre confirmé par le Saint- Siège, s'il s'agit d'une métropole; par le métropolitain, s'il s'agit d'un simple évèché. Puis il reçoit la consécration épiscopale, prête au roi le serment de fidélité, et se fait donner mainlevée du temporel de son Église, lorsque l'évèché est soumis à la régale. Il prend ensuite possession de son siège : souvent, le premier acte qu'il est tenu de faire dans son diocèse est de jurer qu'il respectera et fera respecter les privilèges de son chapitre.
On a pu voir par ce court exposé combien grande est l'influence du chapitre sur le gouvernement du diocèse : il a le dépôt de la juridiction épiscopale pendant la vacance, et l'évèque élu par lui ne peut sans son concours exercer cette juridiction dans toutes les matières importantes. Si, pour employer des expressions modernes, l'évèque a seul le pouvoir exécutif, il partage avec le chapitre le pouvoir législatif. Mais mémo lorsqu'il s'agit d'exécuter les actes que sa juridiction lui donne le droit d'accomplir, l'évèque doit se servir d'auxiliaires qui lui sont donnés par le droit : je veux parler des archidiacres ' •
* Nous résumons ici VEssai sur Us archidiacres, publié par