‹ Les officialite's au Moyen âgeChapitre 27 sur 106 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

diocésains, les décisioDS de Tévèque et de Tarchidiacre; et en second lieu ils doivent signaler à Tarchidiacre et à Tévèque tous les désordres dont ils ont connaissance soit dans la conduite du clergé et des fidèles, soit dans la célébration du culte, soit dans la gestion des biens de rÉglise. Ils sont particulièrement tenus de s^enquérir des mœurs des prêtres de leur circonscription, de veiller à ce qu'ils portent la tonsure et 1* habit clérical, à ce qu'ils observent la résidence. Ils reçoivent les désignations que font les coUateurs pour remplir les bénéfices vacants, et les transmettent à l'archidiacre et à l'évèque ; ils font observer les lois de TÉglise en matière bénéficiale, et portent principalement leur sollicitude sur les bénéfices auxquels est annexée la cura animarum. L'évèque et l'archidiacre les emploient comme intermédiaires pour transmettre leurs ordres, pour signifier leurs décisions, pour assurer l'exécution des citations et des sentences émanées de leurs cours spirituelles. Souvent aussi le juge de la cour épiscopale ou archidiaconale leur envoie des délégations à l'efiet d'entendre des témoins et de faire d'autres actes de procédure. Ils possèdent un sceau au moyen duquel, comme l'évèque et l'archidiacre, ils confèrent l'authenticité aux actes qu'ils reçoivent. Ils ont mission de surveiller l'exécution des testaments; ils donnent les lettres testimoniales aux fiancés qui n'habitent pas le même doyenné. Peu à peu ils acquièrent pour eux-mêmes une sorte de juridiction, que les conciles du treizième siècle prennent soin de restreindre aux causes disciplinaires de peu d'importance. Enfin ils sont souvent désignés comme confesseurs par l'évèque aux prêtres de leur circonscription.

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C est surtout daus les calendes ou capitula ruralia qu'ils s'acquittent de leurs fonctions. Ces calendes sont des réunions périodiques, jadis mensuelles, maintenant séparées par des intervalles plus considérables, auxquelles sont tenus d'assister, sous la présidence du doyen, tous les ecclésiastiques du doyenné. C'est là que les doyens avertissent les clercs dont la conduite est répréhensible, reçoivent les rapports des curés sur l'état de chaque paroisse; c'est là qu ils publient les statuts diocésains et en remettent copie à chaque curé avec les instructions nécessaires pour en assurer l'exécution. Enfin ils y communiquent à leurs subordonnés la liste des excommuniés, afin (|ue chacun puisse observer à leur égard les prescriptions des lois ecclésiastiques.

Nous avons essayé de mettre sous les yeux du lecteur le tableau du gouvernement du diocèse en France à la fin du douzième siècle. L'évèque est le chef du diocèse ; mais ce n'est point un chef absolu. Son autorité est limitée par les pouvoir de son chapitre, par l'indépendance de ses auxiliaires, les archidiacres. Les exemptions des chapitres, la transformation qui fit de l'archidiacre un juge ordinaire au lieu d'un juge délégué, créèrent aux évèques des rivaux puissants. Faut-il rappeler qu'on vit au treizième siècle des évèques ou des archevêques, assis sur les sièges les plus considérables de l'Église de France, dont l'épiscopat se passait en luttes continuelles avec un chapitre exempt de la juridiction ordinaire et soumis immédiatement au Saint- Siège, ou avec un archidiacre parfois investi de la dignité cardinalice? Le concile de Trente devait mettre

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un terme à Tabus des exemptions : mais dès la fin du douzième siècle, les évèques comprirânt la nécessité de s'assurerdes auxiliaires habiles, actifs, qu'ils tiendraient dans leur pleine dépendance ; poussés par celte nécessité, subissant aussi l'influence d'autres causes que nous aurons à déterminer, ils créèrent les ofiiciaux, puis les vicaires généraux. On verra dans la suite de cet ouvrage quel fut leur rôle ; nous ne nous sommes proposé ici que de déterminer la place quUls devaient occuper, et le cadre dans lequel ils devaient se mouvoir.

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