‹ Les officialite's au Moyen âgeChapitre 6 sur 106 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

compare-t-elle à la fontaine dont les ordres inférieurs jaillissent comme des ruisseaux. « Lorsqu'un prêtre reçoit la consécration de Tépiscopat, écrit Thomassin, il devient le tronc de cet arbre divin dont il n'était au* paravant qu une branche. » Les pouvoirs du prêtre sont comme empruntés à Tévêque et exercés sous sa dépendance; les pouvoirs de l'évêque lui sont personnels et n'ont rien d'emprunté.

De nombreux privilèges manifestent la supériorité de l'ordre épiscopal sur l'ordre des prêtres. L'évêque seul confère la consécration épiscopale et les ordres majeurs ; seul il est le ministre ordinaire du sacrement de confirmation. C'est lui qui, le jeudi saint, consacre l'huile sainte et le chrême employés dans l'administration des sacrements, lors du sacre des rois et des pontifes et dans diverses fonctions litui^ques. C'est lui qui bénit les abbés et les abbesses canoniquement élus, qui consacre et réconcilie les églises, bénit les vases sacrés, les ornements sacerdotaux, les cloches ; c'est lui qui dégrade le prêtre condamné pour un crime grave. Sans doute le temps est passé où l'évêque seul célébrait les saints mystères et distribuait l'eucharistie aux prêtres de son église, qui ne célébraient eux-mêmes qu'en l'absence et par l'ordre du Pontife ; mais, par un vestige de cette antique discipline, un prêtre ne peut célébrer la messe à l'autd où Tévêque a le même jour offert le saint sacrifice sans lui en demander la permission.

Le pouvoir d'ordre de l'évêque tire son origine de la consécration épiscopale, dont l'effet ne souffre aucune modification, quelle que soit l'église à laquelle Télu est destiné. « Où que siège un évêque, dit saint Jér6me, à

Page 1