INTRODUCTION. VU
Engubium ou à Rome, à Rhegium ou à Constantinople, à Tunis ou à Alexandrie, la dignité de son sacerdoce est toujours la même. i> L'épiscopat du Pontife romain ou des patriarches ne diffère en rien de celui des archevêques et des évêques. En outre, le caractère imprimé par Tordre est indélébile ; rien ne saurait enlever à Tévêque les pouvoirs qu'il tient de la consécration; il les conserverait quand même il tomberait dans le schisme et dans Thérésie. Ainsi les actes accomplis en vertu du pouvoir d'ordre sont toujours valides. Sont-ils toujours licites? ou en d'autres termes, l'évèque peut-il toujours, sans enfreindre les lois de TÉglise, accomplir les fonctions de son ordre ? C'est là une question liée à celle de savoir s'il agit dans les limites de sa juridiction.
La juridiction épiscopale comprend le pouvoir d'enseigner, de faire des lois, d'administrer et de juger. Porter à la connaissance de tous les lois de Dieu et de rÉglise, en faciliter et en assurer l'observation, telle est la tâche à laquelle l'évèque ne doit pas cesser de consacrer ses efforts.
L'Église catholique a ce caractère particulier, qu'elle règle la vie de ses membres de manière à les rendre dignes d'arriver au but qu'elle leur propose : de là résulte la nécessité d'un enseignement qui fasse connaître aux fidèles ce qu'ils doivent croire et ce qu'ils doivent pratiquer. La foi de l'Église est principalement fondée sur la tradition que se transmettent successivement les premiers pasteurs. Les évèques sont donc à la fois chargés de conserver le dépôt de la vérité et de le commu-
VllI INTRODUCTION.
niquer à leur peuple; ils sont en même temps les témoins et les hérauts de la foi. Aussi Tenseignemeut est-il un droit essentiel de Tévèque et Fun de ses plus impérieux devoirs. Sur ce point, la tradition est unanime; Tévèque n'a pas pour unique mission de gouverner, il doit enseigner; et Fulbert de Chartres ne fait que s'inspirer de tous les Pères quand il recommande au roi Robert de ne point permettre d'élire un évèque incapable de prêcher. Non-seulement l'évêque enseigne lui-même, il est encore la source de l'enseignement pour son diocèse; il en est responsable comme ayant charge d'àmes. n est tenu d'assurer l'éducation et la formalion des jeunes clercs ; il veille à ce que les curés donnent à leurs paroissiens l'instruction religieuse; il permet aux prédicateurs et aux missionnaires de se répandre dans son diocèse pour l'évangéliser, ou, s'il y a lieu, il leur retire la permission de prêcher; enfin, dans une sociélé qui a conservé l'unité de foi, il étend sa surveillance sur les instituteurs de la jeunesse, auxquels il concède ou refuse la licentia docendi.
Dans son diocèse, l'évêque est législateur; il convoque le synode, y fait les statuts diocésains et les pro* mulgue; il accorde ou refuse certaines dispenses. En outre, c'est lui qui promulgue les lois générales de l'Église, décisions des conciles, constitutions des papes, etc. U ne se borne pas à faire la loi, il l'applique : son pouvoir lui donne le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour que la société ecclésiastique et chacun de ses membres arrivent à leur fin. Administrateur et gardien des biens de l'Église, il crée les bénéfices, les transforme, les supprime ; il les