‹ Les principes de L'Enseignement libéral dans leur application à la question de l'Enseignement secondaireChapitre 2 sur 73 · Ibid. Déposition de M. R. Poincaré · texte numérisé non relu

Ibid. Déposition de M. R. Poincaré

animaux », voire même la description détaillée de l'appareil digestif?

Mais ce n'est pas par leur objet seulement et leur degré d'utilité pratique que s'opposent toutes ces « sciences » inscrites au programme; c'est encore — et ici le danger est grand — par leur esprit et leur méthode propre. L'enseignement descriptif et concret de la botanique et de la géologie y tient le même rang que l’enseignement abstrait par excellence, celui de l'algèbre. Les sciences expérimentales et inductives, telles que la physique et la chimie, y marchent de pair avec les spéculaüons à priori de la métaphysique. Les mathématiques et la géométrie, maîtresses d'inflexible rigueur logique, y figurent sur le même pied que l’histoire, la plus conjecturale, la plus incertaine des sciences.

« Utile et agréable variété », dira-t-on. Belle formule pour déguiser le désordre et l'arbitraire. Car, a-t-on mesuré chacune de ces matières à sa valeur éducative? Il ne semble pas, dans ce cas, que l'évaluation soit exacte. Ou bien a-t-on cru que savoir est bon en soi et que, plus on sait, mieux on vaut? Cela est plus probable; et alors s'expliquerait l'incohérence singulière de ce plan d'études. Entasser, collectionner, condenser le plus de savoir possible dans le minimum de temps, tel est, semble-t-il, le résultat qn'on a voulu atteindre.

$ 2. — Mais, en matière d'éducation, « l'esprit importe encore plus que la lettre », la méthode plus que les programmes !. Peut-être donc les méthodes d'enseignement vont-elles corriger ou du moins atténuer ce vice

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