‹ Les principes de L'Enseignement libéral dans leur application à la question de l'Enseignement secondaireChapitre 24 sur 73 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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rale. Sous la plume de Diderot, le mot d'utilité reçoit des acceptions très différentes, contradictoires même. Rien d'étonnant dès lors qu'un principe si mal défini n’engendre qu'une classification superficielle, et que la hiérarchie proposée par Diderot — mathématique, mécanique, astronomie, histoire naturelle et physique, chimie et anatomie, logique et grammaire générale, langues anciennes et poésie — nous paraisse une œuvre de fantaisie plutôt que de raison.

Notre inquiétude augmente d’ailleurs à mesure que: se développe la pensée de Diderot. Incapable de se tenir fermement à une idée, à peine a-t-il adopté comme: principe de ses programmes l'utilité plus ou moins générale de chaque science, qu'il fait presque aussitôt intervenir un nouveau principe, peu compatible avec le: premier, le principe de l’enchaînement naturel, de la dépendance logique des sciences. Précédant ici et annonçant Condorcet et A. Comte, il montre que les sciences s'appuient les unes sur les autres, que la mécanique se fonde sur les mathématiques, que l'astronomie ne peut être comprise et enseignée qu'après la mécanique, qu'en un mot, comme le dira Comte, il existe, entre les. diverses études scientifiques, une dépendance réelle, un ordre rationnel « déterminé par le degré de simplicité, ou, ce qui revient au même, par le degré de généralité des phénomènes! » dont connaît chaque science. Cet ordre rationnel, déclare Diderot, doit être reproduit dans l'éducation. — Mais alors surgit une difficulté. L'ordre: rationnel des sciences coïncide-t-il avec leur ordre utilitaire? Diderot avoue lui-même qu'il n'en est rien.

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