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Ainsi, conclut Spencer, « à la question qui nous a servi de point de départ. — Quel est le savoir le plus utile? — la réponse uniforme est : la science. C'est le verdict prononcé sur toutes les questions ! ». La science doit donc être le premier mot comme le dernier de l'éducation, doit faire le principal, ou plutôt l'unique objet de l'enseignement. Il n’en est pas ainsi actuelle-
ment :
Ce bienheureux moment n’est pas encor venu.
« La science est encore le Cendrillon qui cache dans l'obscurité des perfections inconnues. Tout le travail de la maison lui a été donné à faire. C’est par son adresse, son intelligence, son dévoûment, que l’on a obtenu toutes les commodités et tous les agréments de la vie; et tandis qu'elle s'occupe incessamment de servir les autres, on la tient à l'écart, afin que ses orgueilleuses sœurs puissent étaler leurs oripeaux aux yeux du monde ? ». Mais, ainsi que dans le conte, l'humiliation de Cendrillon n'aura qu'un temps. Le dénoûment approche. « Et alors les situations seront changées. Les sœurs orgueilleuses tomberont dans un abandon mérité, tandis que la science, proclamée la meilleure et la plus belle, régnera souverainement © ».
Ne nous laissons point abuser cependant par les derniers mots de cette parabole. Ce n'est point la beauté de la science qui la rend, aux yeux de Spencer, digne de notre étude et de notre culte, c’est son utilité. S'il veut que la science « règne souverainement » dans l'éduca-
H. Spencer, De l'Éducation intellectuelle, morale et physique, p.84.